‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme] (volume 2)Chapitre 121 sur 258 · TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE XIII

roissiale fut l’humble berceau de cette œuvre, qui ne devait pas tarder à devenir une belle et puissante institution que Dieu, dans sa sagesse, a destinée à exercer une influence aussi puissante que salutaire sur l'avenir du Canada, et qui a pris les proportions majestueuses que tout le monde lui connaît aujour d'hui, car elle est à la fois séminaire, collège et université.

Il est intéressant pour la piété catholique de suivre les commencements de ce précieux établissement, Les habitants de Québec avaient amassé six mille livres pour la construction d’un presbytère et avaient remis cette somme à Mg" de Laval. Le 30 décembre 1663, le pieux évèque réunit les paroissiens et leur offrit de loger lui-même le curé à perpétuité, à condition qu’ils lui abandonneraient cette somme avec la jouissance d’un terrain qui leur appartenait. Ils accédèrent de grand cœur à cette demande, et My de Laval céda bientôt à son tour ce terrain aux directeurs du séminaire, qui en devinrent ainsi les propriétaires jusqu'en 1703.

Le saint prélat, pour assurer la stabilité de son œuvre, adressa en 1664 aux prêtres des Missions étrangères à Paris, qui venaient d'organiser complètement leur séminaire, une invitation à venir y habiter, « Vous y trouverez, leur disait-il, un logement préparé et un fonds suffisant pour commencer un petit établissement qui ira toujours en augmentant, comme je l'espère. »

Un livre intitulé : Histoire manuscrite du sémi-

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naire de Québec, qui n’a pas encore été publié, a conservé à la postérité de précieux détails sur les commencements de cette œuvre, qu'on ne lira pas sans édification et sans intérêt. Mg" de Laval, dans le dessein qu'il avait toujours eu de perpétuer la concorde et l’unité dans tout son clergé, engagea les Jésuites à signer un acte d'union spirituelle avec le séminaire. Le R. P. F. le Mercier, leur supérieur, le signa le 21 décembre 1665, au nom de la Compagnie, et MM. de Bernières et des Maizerets pour le séminaire. Cn promettait de vivre toujours en frères, de se donner mutuellement l'hospitalité, de dire une messe par année pour chaque associé défunt. On fit une association semblable avec le séminaire de Montréal, au mois de février 1688. Les religieuses elles-mêmes entrèrent dans cette association, en s’engageant à faire des prières et des communions.

Mais il convenait surtout que le clergé séculier, auquel l'évêque était personnellement uni, donnât l'exemple de la concorde et fût, pour ainsi dire, le lien de cette union générale. Et c’est à quoi il s’appliquait avec le plus grand zèle, Aussi rien ne représentait mieux la primitive Église que les commencements de l’Église du Canada. Tous les prêtres qui en faisaient partie n'étaient tous qu'un cœur et qu’une âme, sous la conduite de Ms" de Laval, et ne formaient entre eux qu'une seule famille, dont ‘évêque était le père. Biens de patrimoine, bénéfices simples, pensions, présents et honoraires, ils avaient

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