TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE XIII
ferveur lui est agréable; ce miracle a beaucoup augmenté la dévotion dans l'armée. »
Nous ne dirons rien de la difficile et glorieuse expédition du marquis de Tracy au pays des Iroquois, de ce voyage de plus de cent cinquante lieues à travers les bois et les rivières, durant lequel les chefs comme les soldats devaient porter sur leur dos vivres, armes, bagages, etc. Mais la Mère de l'Incarnation en racontait dans une de ses lettres l'heureuse issue en ces termes :
« Notre-Seigneur a exaucé les prières que nous faisions ici pour le succès de cette guerre. L’oraison de quarante heures a été continuelle, depuis le 41°" d'octobre jusqu'au 2 de novembre, où nous avons appris des neuvelles de M. de Tracy et de l’armée. Les prières n'étaient pas moins continuelles dans les familles en particulier que dans les églises pour le public. Mais, ayant appris la nouvelle de la déroute des ennemis, nous avons changé nos prières en actions de grâces, et le Te Deum a été chanté avec beaucoup de pompe et de solennité. »
Cette joie devait retentir bien profondément dans le cœur de nos Ursulines, tant à cause de l'intérêt qu'elles portaient à la colonie et à la conversion des
trouver son lieutenant à terre, tout en sang, au lieu d'un Iroquois. On le prend, on fait son procès; mais celui que l'on croyait mort se lève, disant qu'il demandait sa grâce et que ce n'était rien. En effet, l'ayant visité, on trouva la balle enfoncée, mais l'homme
sans péril, ce qui a été regardé comme miracle, » (Lettres de la vénérable Mère.)
PE