TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE XIII
rel rent, avait quitté elle aussi cette maison tout emté baumée de ses douces vertus. La Mère de l’Incarnaser tion avait présidé encore à ce nouveau départ pour le ciel.
ux Cependant elle entendait elle-même chaque jour ur | au fond de son âme cette réponse de mort dont [le- parle le grand Apôtre, heureux présage de la proion chaine rupture des liens fragiles qui la retenaient s et encore ici-bas. Une maladie cruelle étreignait lentean ment son enveloppe mortelle, et achevait peu à peu bec. d'imprimer dans ses membres la ressemblance sacrée il nait de Jésus-Christ, l erse D'ailleurs, en jetant les regards autour d’elle, ne . eux pouvait-elle pas dire, elle aussi: J’ai achevé ma ‘4 l’une course ? Cursum consummavi. Plus de trente ans ! aint- s'étaient écoulés depuis le jour où elle avait foulé jL pour la première fois le sol de la Nouvelle-France. L Ppuis Quel changement s’y était opéré depuis ! La petite :3 ertir colonie française dont M. de Montmagny était alors à entôt le chef et le père se composait à peine de deux Li: eux cents personnes, et maintenant Québec comptait à bi Mère lui seul plus de quatre mille habitants. Là où l’on 4 que, ne voyait le plus souvent que des cabanes d’écorce, 4 d ses s'élevaient maintenant des maisons toutes françaises, F near- des établissements, des églises. Les Pères Jésuites, ; a ses ces vaillants pionniers de l'Évangile, avaient ouvert ren- un brillant collège où plus de cent vingt élèves recevaient l’enseignement des lettres ou de la philo- : erse
sophie. Un évêque aussi distingué par son mérite, sa Lau- haute vertu, que par l’éclat de sa naissance honorait +
cette chère Église, fière de voir à sa tête un tel pasteur. Autour de lui, formés à son image, héritiers de son zèle, on voyait se grouper chaque année des prêtres nombreux qui venaient de France pour prendre part à ses travaux. L'histoire a conservé le nom de plusieurs de ces vaillants auxiliaires de Mgr de Laval, tels que MM. les abbés de Bernières, de Maizeretz. Mais le plus glorieux de tous fut l'abbé de Fénelon, le frère de l'illustre archevêque de Cambrai. À Montréal, les fils de M. Olier, prêtres de Saint-Sulpice, avaient fondé depuis déjà plusieurs années une maison apostolique qui étendait son action bienfaisante jusqu'au milieu des tribus sauvages. Enfin, après plus de quarante ans d'absence, les révérends Pères Récollets, qui avaient été au temps de l’illustre Champlain les premiers apôtres de la Nouvelle-France, venaient relever à Québec leur couvent abandonné de Notre-Dame-des-Anges. Des religieuses de divers ordres venaient aussi tous les jours de la mère patrie prêter main-forte à tous ces vaillants ouvriers apostoliques.
Quelle joie pour notre vénérée Mère de contempler tous ces magnifiques progrès de la foi au sein de cette chère Église, pour laquelle elle avait offert à son divin Époux tant de prières, de travaux et de souffrances!
Elle avait connu les jours d’épreuves et d’angoisses, elle avait vu tous les périls de la colonie naissante. Maintenant l'avenir paraissait assuré. Les Troquois, refoulés loin des terres françaises, recevaient avec
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