‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme] (volume 2)Chapitre 130 sur 258 · TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE XIII

mettra d’en tirer cette conclusion, que c’est la religion seule qui a transformé ces peuplades sauvages, et en a fait ces peuples chrétiens qui sont devenus l'honneur et la gloire de l'Église dans le nouveau monde.

Que de sacrifices toutefois, que de généreux efforts ne fallut-il point pour arriver à de si beaux résultats! Une des choses les plus difficiles avait été l'étude des langues sauvages. On sait que dès son arrivée au Canada notre Mère de l'Incarnation s’était adonnée à l'étude de l’algonquin, tandis que la Mère de Saint-Joseph étudiait le huron. Nous avons dit aussi qu'après le désastre de la petite Église huronne, en 1649, et l’arrivée des Hurons à Québec, elle voulut à tout prix étudier leur langue, afin de pouvoir les instruire. Mais, plus tard, l’arrivée des Iroquois l'obligea encore à étudier celle de ces sauvages.

Elle était donc parvenue, vers la fin de sa vie, à posséder ces trois idiomes si différents. Un simple détail nous donnera une idée des difficultés qu'elle eut à surmonter pour en arriver là. Elle dut d’abord commencer par apprendre par cœur le dictionnaire algonquin, puis le huron et enfin l'iroquois. Quand elle eut surmonté toutes ces difficultés, elle composa elle-même, en 1668, un ouvrage en algonquin sur l’histoire sainte, un catéchisme et un dictionnaire iroquois, qui furent considérés comme de vrais trésors, enfin un gros dictionnaire algonquin à l'alphabet français, et un autre à l’alphabet sauvage. Malheureusement ces précieux ouvrages ne se trouvent plus à

Québec. Plusieurs ont été perdus dans un nouvel incendie qui eut lieu en 1686, les autres ont été donnés à des missionnaires qui allaient évangéliser les sauvages du nord.

Une des plus chères fonctions de notre Mère, aux derniers jours de sa vie, était de grouper autour d'elle le: ‘© : : religieuses, et de les former ellemême à let: langues. Mais quelle consolation pour son cœur üe voir le nombre de ces jeunes et vaillantes r::3.:°8 auzmenter tous les jours! Un an avant sa mort, on en vt « river quatre à Québec. C'était la Mère Marie le Maire des Anges qui venait de la maison de Paris, avec une sœur converse appelée Marie Dieu de la Résurrection, et deux autres Mères de la maison de Bourges, dont l’une se nommait Mère Marie Gibault de Breuil de Saint- Joseph, et l’autre Mère Marie Dronet de Jésus.

Mais, par contre, la mort était venue visiter depuis quelques années le nouveau monastère et avertir notre Mère que l'heure de son départ allait bientôt sonner. En l’année 1667, elle avait fermé les yeux à la seconde professe de la maison de Québec, Mère Philippe-Gertrude de Boulogne de Saint-Dominique, dont la mort fut digne de la sainte vie. Quand ses derniers moments furent venus, la Mère de l’Incarnation la tenait dans ses bras, et elle ne quitta ses maternels embrassements que pour voler à la rencontre du céleste Époux.

Deux années plus tard, la première sœur converse du monastère, la sœur Anne Bataille de Saint-Lau-

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