‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme] (volume 2)Chapitre 150 sur 258 · QUATRIÈME PARTIE — CHAPITRE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE — CHAPITRE

les a communiquées à ces grands saints, qui se sont dignement disposés à recevoir ses grandes grâces, mais seulement selon qu'il lui a plu de dilater et disposer mon âme, car j'attends tout de lui et je tiens tout de lui. De moi-même, en effet, je confesse que je suis le néant et l'impuissance même, capable seulement de mettre des millions d'obstacles à ses signalées faveurs. Le sentiment que j'ai de mes misères, en me voyant néanmoins l'objet de ses divines familiarités et de ses magnifiques largesses, me tient dans un étonnement inexprimable; car, en vérité, je suis une grande pécheresse qui commets les JAchetés sans nombre, des puérilités sans fin et des faiblesses sans mesure. Il est donc très admirable que Dieu, qui a des milliers de millions d'âmes qui l’aiment purement, veuille jeter les yeux sur la dernière de ses créatures, et lui donner une si grande part en son amour et une si excellente place dans son cœur, J'ai donc expérimenté qu'il y a divers degrés en la vraie pauvreté d'esprit. Lorsque Notre- Seigneur m'inspira Ja vocation à la vie religieuse, sa miséricorde m'en fit connaître le prix et la valeur. Toute mon âme se sentait portée à cette éminente vertu, que je voyais tenir le premier rang dans la vie sublime du Fils de Dieu. J'étais même persuadée que toutes les autres vertus étaient renfermées en celle-là, car je voyais que son objet n'était que le pur amour qui, dans sa simplicité, ne regarde plus que Dieu seul. Mais je ne voyais pas encore en ce temps-là ce que l'Esprit de Dieu voulait faire

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