QUATRIÈME PARTIE — CHAPITRE IV
précieuse pour les âmes appelées à marcher dans les voies de la contemplation extraordinaire, En voici un extrait qui servira de conclusion à ce chapitre :
« Selon les petites lumières que la bonté divine me donne dans la communication intime par laquelle elle me fait l'honneur et la grâce de me lier avec elle, je vois clairement, ce me semble, qu'en matière d'oraison l’âme ne doit point prescrire de bornes à l'esprit de grâce qui la conduit, à moins d’une révélation particulière et bien avérée ; car, en quelque état d’oraison qu'elle soit, si elle correspond avec fidélité aux mouvements intérieurs de l'Esprit-Saint, elle entrera de plus en plus en de nouvelles communications avec la Sagesse éternelle, qui est un abîme sans fond qui ne dit jamais: C’est assez, aux âmes qu’elle possède. Il est bien vrai sans doute que, dans le cours de la vie intérieure, il y a des états où l’âme souffre de saintes inquiétudes et des impatiences amoureuses, bien qu'il lui semble être dans la jouissance de son unique bien. Il la fait tantôt jouir de sa présence ; tantôt il se retire pour la faire courir après lui. Ce sont là des jeux de sa sagesse, et ces divines opérations ne finissent point jusqu’à ce que, l’âme ayant été purifiée par ses feux intérieurs et ces flammes sacrées, Dieu se plaise enfin à habiter en elle et puisse la posséder parfaitement dans son fond". »
4 Dom Claude Martin, liv. IV, ch. xur.