‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme] (volume 2)Chapitre 205 sur 258 · QUATRIÈME PARTIE — CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE — CHAPITRE VI

pour les présenter tous les jours à votre Père sur votre divin cœur. Aujourd'hui je suis si malade et si impuissante, que je ne saurais plus le faire, Me voilà abandonnée à votre disposition.

« Après cela, je me trouvai déchargée de tous mes soins, et, mon cœur soupirant vers vous, je vous disais de temps en temps, comme abandonnée en vous : Mon Bien-Aimé, vous conduisez mes affaires. Mon cher Amour, vous vous en êtes chargé.

« Je me trouvai en peine lorsque mon Père m'ordonna de vous demander quelle place vous me donneriez si vous m’appeliez à vous. Car, mon cher Amour, je me sens tellement abandonnée à vos dispositions, qu’à peine pensais-je ce que vous ferez de moi,

« Je vous demandai néanmoins ce que l’obéissance voulait de moi; mais, en vous le demandant, je me sentis emportée dans cet abandon. Mettez-moi où vous voudrez ; partout vous serez mon amour. J’espère que je vous verrai en votre double beauté divine et humaine, en la spiendeur des saints, au jour de votre vertu, vous, mon Bien-Aimé ! qui, pour l’amour des hommes, vous êtes fait homme et rendu accessible, pour faire les hommes Dieu par participation.

« Je souhaiterais volontiers votre dernier avènement, afin que mon âme, vous voyant triompher de vos ennemis, chantât avec vou: vos victoires,

« Ce que je pense ici m'est ineflfable, dans la vue

de la pénétration que vos bien-aimés auront en vous.

« Si mon cœur suit sa pente, vous seul savez l'accès qu'il a à votre divin cœur.

« Ah ! il faut que se termine ici, mon cher Amour, ma caution et ma vie. Vous êtes tout à moi, et il me semble que je suis toute à vous, nonobstant mes rusticités et mes faiblesses !, »

Ces sortes d’épithalames d'amour n'étaient point rares, au xvu° siècle, parmi les personnes pieuses. Aussi ne devons-nous pas nous étonner d’en trouver plusieurs dans les écrits de la Mère de l’Incarnation. Ils nous révèlent une fois de plus les ardeurs dont son âme séraphique était animée à l'égard de son divin Époux.

Les esprits versés dans la spiritualité, à la fin du xvu° siècle, se sont plu à considérer notre Mère de l'Incarnation comme la « Thérèse de son temps et du nouveau monde ». Leur jugement était vrai, et nous ne doutons pas qu'il ne soit ratifié par ceux qui auront lu cette histoire. Oui, c’est l’image de la grande sainte Thérèse qui vient de passer sous nos yeux, avec des traits moins brillants, il est vrai, des tons moins chauds, des rayons de lumière moins éclatants ; c’est, en un mot, la glorieuse vierge d’Avila transportée loin de cet étincelant soleil de la Castille, qui semble toujours faire resplendir son nor et sa mémoire à travers l'histoire.

1 Dom Claude Martin, liv. HI, ch. xim, addition.

ON

1t en savez

1 cher tout à vous ; D»

t point pieuses.

trouver rnation.

urs dont 1 de son

la fin du Mère de temps € t vrai, et par ceux age de la sous nos t vrai, des ère moins use vierge t soleil de lendir son

Page 1