GUÉRISON D'UNE SOŒUR DE CHARITÉ
En 1862, le 31 octobre, à Cacouma, quarante lieues de Québec, sœur Marie de Jésus, malade à l'extrémité, au point qu'on lui avait récité les prières des agonisants, donna signe de vie à la première application de l'eau miraculeuse. Quelques heures après, le médecin la trouvait hors de danger.
Premier témoignage, résultant d’une lettre écrite, quelques jours après la guérison, par l'assistante de la maison mére des sœurs de Charité.
« Mardi, 4 novembre 1862, « Ma très honorée Mère,
« Mille remerciements pour la petite fiole d'eau que vous avez eu la bonté de nous envoyer... Comme je vous
l'écrivais vendredi, ma sœur Marie de Jésus était très mal; et le soir, lorsque notre Mère supérieure arriva, elle était à l'extrémité; on dit même pour elle les prières des agonisants. Après avoir pris quelques gouttes de votre eau miraculeuse, ou plutôt après qu'on lui en eut mis sur les lèvres, car je ne pense pas qu'elle fût en état d'en avaler une seule goutte, elle commença à revivre et à prendre un peu de forces. Le lendemain, le médecin , à sa grande surprise, la trouva hors de danger.
« Ma révérende Mère, ayez, s'il vous plaît, la bonté de nous aider à remercier le bon Dieu et sa fidèle servante pour la grande grâce qu'il vient de nous accorder.
« Sœur Marie de Bon-Secours, assistante. »
« À la révérende Mère supérieure des Ursulines de Québec. »
Deuxième témoignage, rendu par M. le curé de Cacouma.
« Pour en informer qui de droit, et pour la gloire de Dieu dans ses saints, je déclare et certifie ce qui suit :
« En 1862, le 31 octobre, j'ai cru devoir administrer les derniers sacrements à la révérende sœur Marie de Jésus, sœur de la Charité de Québec. J'ai été poussé à en venir là par mon propre jugement; car, dans l’ordre ordinaire des choses, il m'a paru impossible qu'elle ne dût pas mourir, à moins d'un miracle. Le médecin m'avait aussi conseillé d'en agir ainsi, parce qu’il ne voyait aucun moyen de lui sauver la vie.
« À ma connaissance, la Mère supérieure de la communaulé des sœurs de Charité de Québec, ayant elle-même une très grande confiance en de l’eau trouvée dans le tombeau de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation, des Ursulines de Québec, excita notre chère sœur Marie de
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Jésus à mettre toute sa confiance en celte sainte et à demander sa guérison par son intercession. Elle prit quelques gouttes de cette eau sur les neuf ou dix heures du soir. La nuit fut bien bonne, et, le jour suivant, le mieux fut très considérable, au point que tous, dans la maison et au dehors, ne purent s'empêcher de crier au miracle, à une guérison certaine par l'invocation de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation.
« En foi de quoi, j'ai signé la présente déclaration, le 21 mai 1867.
« J.-C. Courier, curé de Cacouma. »
Le 17 février 1867, le sieur J.-B. Clouet, venant au monastère chercher de l’eau du tombeau pour un de ses neveux devenu presque aveugle, déclare que lui-même, après avoir souffert pendant au moins vingt ans d'une vive douleur dans les yeux, fut complètement guéri vers le milieu d'une neuvaine où il s’appliquait, chaque jour, une goutte de cette eau sur les yeux. Il y a de cela cinq ans, et ses yeux ont toujours été parfaitement bien depuis. Sa sœur et sa belle-sœur ont profité de cette grâce pour étudier les vertus de la Mère Marie de l’Incarnation, et il est consolant de les entendre parler d’une manière si digne de cette grande servante de Dieu.
Les infirmités d'Élie Desharnais, cultivateur à Stanfold, avaient commencé en 1856. A la suite d'un effort qu'il s'était donné en fauchant, et qui lui avait occasionné une longue maladie, il s'était vu contraint de renoncer à tout travail tant soit peu pénible. R
Deux ans après, un accident bien plus grave le réduisit à une impuissance presque absolue. Un jour qu'il revenait des champs, son cheval lui donna dans l'estomac une ruade qui le renversa par terre, où l'animal continuait à le frapper rudement. Des personnes qui étaient accourues le relevèrent sans sentiment et presque sans vie. Il fut quarante-huit heures privé de connaissance, et, pendant les sept ou huit jours qui suivirent, il retombait incessamment dans cet état d'insensibilité.
Après un certain temps le malade put marcher, mais il ne recouvra aucune vigueur. Toute la part qu'il prenait à la culture de sa terre consistait à conduire et surveiller les travaux. Ce n'est pas que de temps en temps il n’essayât ses forces, mais chaque tentative amenait une aggravation de son état et le forçait de garder le lit pendant plusieurs semaines.
Desharnais était donc infirme depuis six ans quand, au printemps de 1862, sa sœur, religieuse converse au monastère des Ursulines de Québec, lui fit connaître une guérison qui venait d’avoir lieu dans la maison, l'engageant à s'adresser, lui aussi, à la vénérable Mère Marie de l’Incarnation. Une première neuvaine n'ayant amené aucun mieux sensible, la bonne religieuse profita de la visite d'une de ses sœurs, qui se rendait à Stanfold, pour envoyer à son frère de l’eau du tombeau de la Mère de l'Incarnation , le pressant de faire une seconde neuvaine et de tâcher de la terminer par la sainte communion. Cette seconde neuvaine fut faite, l'eau fut appliquée sur l’estomac, siège du mal, et le neuvième jour le malade communia. Sa foi et sa confiance ne furent pas vaines. À partir de ce moment, toute trace de son infirmité disparut. S'étant aussitôt mis à l'ouvrage et n’en ayant éprouvé aucun inconvénient, il entreprit et exécuta la plus forte part de tous les travaux des champs, fauchant et serrant son foin, coupant ses grains, etc. Ceci avait lieu dans
, réduisit l'été de 1862, époque où la besogne avait doublé par suite revenait du départ de deux de ses frères, qui étaient allés s'établir mac une ailleurs. Depuis lors il n'a cessé de se livrer aux plus ontinuait rudes travaux, comme il le faisait avant les six années de nt accou- son infirmité.
ns vie. Il Tel est le témoignage que lui-même a rendu à la grille », et, pen- du parloir des Ursulines, le 12 novembre 1866, ayant fait, bait inces- à la demande des religieuses, le voyage de Stanford à Québec, pour rendre compte de sa guérison, Comme on her, mais il lui faisait l'observation que ce voyage le dérangeait dans u'il prenait ses affaires et lui occasionnait une dépense, il répondit t surveiller que cette dépense n'était rien, comparée aux avantages mps iln’'es- qu'il avait retirés de sa guérison ,et qu'il devait bien cette tune aggra- petite marque de reconnaissance à celle qui l'avait si parlit pendant ticulièrement assisté, Eur La religieuse qui nous a donné ce récit ajoutait : « Il ne as quand, au manque pas un seul jour de réciter les prières de la neuse au monas- vaine dont les résultats ont été si heureux pour lui, » Il re une guéri- avait quarante et un ans à l'époque de sa guérison.
l'engageant à rie de l’'Incar-
mené aucun Léda Pruneau, de Saint-Roch de Québec, étant âgée
| de la visite de neuf ans, souffrait d'un violent mal d'yeux, quand, dans 1 old, pour en- l'automne de 1862, son état empira considérablement. | Mère de l'In- Elle ne pouvait supporter le moindre rayon de lumière. |
euvaine et de Son œil droit surtout était très enflammé et distillait consunion. Cette lamment une épaisse matière.
uée sur l'esto- On avait consulté un médecin; mais, en voyant que le
malade com- mal s'aggravait toujours, on avait cessé les remèdes. ) aines. À partir Au mois de janvier 1863, M. Pierre Fournier, parrain | ité disparut. de l'enfant, étant venu voir sa belle-sœur, religieuse con- |
ayant éprouve verse en cette maison, exprima sa compassion sur le triste à la plus forte état de cette enfant. Notre sœur lui conseilla une neuvaine hant et serrant à la vénérable Mère Marie de l'Incarnation et lui donna vait lieu dans de l’eau de son tombeau. |
La neuvaine fut aussitôt commencée dans de grandes dispositions de foi et de confiance, avec application de l'eau miraculeuse sur les yeux de l'enfant. La mère allait tous les jours à la messe, et elle communia dans le cours de la neuvaine.
Des la première application de l'eau, il sembla à l'enfant qu'on lui ôtait le plus vif de ses douleurs. Chaque nouvelle application était suivie d’un mieux si sensible, que tous les témoins en étaient frappés. À la fin de la neuvaine , la petite malade était complètement guérie. Elle a aujourd'hui treize ans, et depuis sa guérison elle n'a souffert des yeux en aucune manière. Les cicatrices qui avoisinent l'œil droit attestent encore la gravité de son mal.
Ce témoignage a été rendu par la mère et par la fille, le 13 février 1867.
En 1864, au faubourg Saint-Jean, à Québec, Mn° Éléa-
zar Vincent, âgée d'environ trente ans, souffrait depuis sept semaines d'un mal de genou dont l'inflammation se répandait dans la cuisse, au point qu'elle était réduite à garder le lit, sans s'aider elle-même en aucune sorte. M'ie Bilodeau, ancienne élève de l'école normale Laval, étant venue ici chercher de l’eau du tombeau, commença avec elle une neuvaine à la vénérable Mère de l’Incarnation. Dès la première application de l’eau sur le genou, la malade éprouva du soulagement. Le troisième jour, elle était très bien et pouvait vaquer aux soins de son ménage.
Me Cécile Huet, venue à notre grille au printemps de 1867, a déclaré que deux ans auparavant, s'étant ins-
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tamment recommandée à la vénérable Mère Marie de l'Incarnation, elle avait été guérie d'un asthme dont elle souffrait depuis vingt ans, parfois extraordinairement, surtout les deux années qui ont précédé sa guérison. Elle est âgée de soixante ans.
M. l'abbé Olivier Caron, vicaire général de M£' Thomas Cooke, évêque des Trois-Rivières, ainsi que la révérende Mère supérieure des Ursulines de cette ville, nous avaient fait part de la maladie étrange et de la guérison surprenante de M'° Dorimène Caron; mais nous sommes heureuses de voir le tout corroboré par le témoignage rendu en février 1867, par M. le docteur Hyacinthe Beauchemin, de la paroisse de Sainte-Anne d'Yamachiche. C'est quatre mois après l'heureux événement que M. le docteur Beauchemin écrivait ce qui suit. Nous abrégeons un peu.
«Mile Dorimène Caron, âgée de trente ans, était atteinte, depuis cinq à six ans, d’une anémie qui l'avait réduite à une faiblesse extrême et à un marasme tel, qu'on désespérait de ses jours. Pendant tout ce laps de temps, elle dut abandonner toutes les occupations du ménage, et depuis deux ans sa faiblesse était telle, qu’elle était incapable de se rendre à elle-même le moindre service. Les cinq ou six derniers mois, tout le système nerveux devint fortement ébranlé, et des symptômes de chorea ou danse de Saint- Guy se manifestèrent. Le mal, présentant des caractères de plus en plus alarmants, finit par amener une lésion très grave des facultés intellectuelles. Les moments lucides étaient rares et de peu de durée. C'étaient tantôt des périodes d'excitation, tantôt des périodes de dépression qui allèrent jusqu'à la fureur, et qui nécessitérent les efforts de plusieurs personnes pour la maîtriser.
« Cette maladie mentale résista, comme les autres, au traitement suivi que je lui fis subir, et alla toujours croissant jusqu'au moment où la malade elle-même, dans un moment lucide, pensa à recourir à Dieu.
« On la conduisit dans ce but chez les Ursulines des Trois-Rivières, qui lui conseillèrent d’avoir recours à la puissante intercession de la vénérable Mère Marie de l’Incarnation.
« Pendant toute la neuvaine, la malade continua d'être très mal, jusqu'au dernier jour où elle fut subitement guérie. Depuis ce temps elle jouit d'une santé parfaite, a recouvré toutes ses facultés intellectuelles, possède un embonpoint étonnant et se livre à tous les travaux de la maison.
« Mon opinion sur cette guérison.
« Toutes les névroses ont pour caractère d’être de longue durée et sont très difficilement curables. Quant à l’aliénation mentale dont la malade a été affectée les cinq ou six derniers mois, elle peut quelquefois disparaître d’une manière spontanée. L'anémie et l’état de marasme où elle était depuis longtemps ne pouvaient pas, suivant moi, disparaître aussi subitement.
« De plus, pour croire qu'une lésion aussi grave des facultés intellectuelles n’eût pas été guérie par les prières adressées à la vénérable Mère Marie de l’Incarnation, il faudrait supposer une coïncidence qui n’est pas probable.
« Toute considération faite, je ne puis faire autrement que d'attribuer cette guérison surprenante aux prières adressées à Dieu par l'intercession de la Mère Marie de l'Incarnation.
« H. BeaucHemin. »
Au Bon-Pasteur de Québec, une novice incommodée d'une humeur scrofuleuse, qui depuis six mois résistait
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à tous les remèdes, fut guérie après une neuvaine à la Mère de l'Incarnation. Une année s’est écoulée depuis, et l'humeur n'a pas reparu. Témoignage rendu par la sœur infirmière du Bon-Pasteur, le 13 mai 1867.
Le 10 octobre 1867, M. Jean-Baptiste Lamontagne, de Sainte-Flavie de Rimouski, à soixante lieues de Québec, déclare qu’il croit devoir attribuer le recouvrement de sa santé à la Mère de l’Incarnation. Par une chute de voiture, il avait été horriblement blessé et contusionné, surtout à la tête et au visage. Le plus inquiétant était une large plaie à la lèvre supérieure, où la putréfaction s'était mise. M"° Lamontagne, présente à cette déclaration, dit qu'elle commençait à désespérer, lorsque, le 10 septembre, dix-huit jours après l'accident, elle reçut de l’eau du tombeau de la Mère de l'Incarnation. Le soir même, elle en appliqua légèrement sur la plaie avec une plume. Le lendemain matin, à la surprise et à l'admiration de tous, la
plaie était cicatrisée, complètement sèche, sans retour de matière purulente. 4
Le 21 octobre 1867, Mr° Victor Châteauvert, du faubourg Saint-Louis, de Québec, déclare qu'elle se croit redevable à l'intercession de la vénérable Mère de l'Incarnation de la conservation de sa petite fille. Cette enfant, âgée de six semaines, était prise de convulsions depuis trois semaines. M"° Châteauvert avait déjà perdu quatre enfants de cette même maladie; l’état de cette dernière était d'autant plus désespéré, qu'elle en était prise plus jeune. Elle avait jusqu'à soixante attaques et plus en vingtquatre heures. Vers le milieu de juillet dernier, l'enfant, ayant eu une crise des plus fortes, était sans connaissance
depuis trois heures, quand on lui appliqua sur les tempes de l'eau du tombeau. Elle revint à elle et reposa. À partir de ce premier jour de la neuvaine, toutes les convulsions disparurent, et depuis elle se porte bien.
Le même jour, 21 octobre 1867, M"° Théophile Darveau, de Saint-Roch de Québec, est venue rendre compte de la guérison de sa petite fille Hermine, dans les termes suivants :
Cette enfant, aujourd’hui âgée de quatorze mois, était née avec une affection des bronches extrêmement prononcée. Deux enfants de la famille étaient morts de cette même maladie et vers le même âge. L'état de celle-ci, qui allait toujours en empirant, était devenu si pénible et si alarmant, qu'il y avait plus de sept mois que M"° Darveau n'avait pu s’absenter, même pour aller à l’église; et depuis vingt et un jours elle n'avait pu reposer une seule fois dans son lit. L'enfant avait à la gorge deux enflures qui l'empêchaient absolument d'avaler, et lui occasionnaient de violentes crises. Elle était dans une de ces crises depuis vingt minutes, et on la regardait comme morte, quand une voisine apporta de l'eau du tombeau. C'était le soir. La malade n'eui pas plus tôt reçu l’application de l'eau, qu'elle se calma ; elle reposa toute la nuit. Le troisième jour de la neuvaine, elle était tellement bien, qu'elle supporta sans inconvénient une température très malsaine, quoique le médecin eût déclaré qu'il faudrait toujours user des plus grandes précautions, surtout dans les temps humides.
« Il me tarde, dit M"° Darveau, de pouvoir faire comprendre à cette enfant tout ce qu'elle doit à la sainte Mère, afin qu'elle puisse la remercier et l'invoquer avec moi. »
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