TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE VIII
« Dans l'intervalle, la Mère de Saint-Joseph et la sœur Saint-Laurent avaient rompu la grille, qui n'était que de bois, afin de se sauver avec une partie des enfants qui s'étaient réfugiées toutes tremblantes dans le dortoir. Cependant les plus jeunes étaient encore au milieu du danger; alors la Mère de Saint- Ignace se dévoua pour les arracher aux flammes, Elle revint sur ses pas à travers les cloisons en feu, et les ramena saines et sauves, au moment où les planchers craquaient de toutes parts, prêts à crouler.
« Ce fut à cet instant que la Mère de l'Incarnation déboucha dans le dortoir, et se trouva seule dans le monastère devenu un immense brasier. Promenant alors ses regards autour d'elle, avec son calme ordinaire, et voyant qu’elle n'avait plus rien à sauver et qu'elle allait périr, elle fit une inclination profonde à son crucifix en acquiescement aux ordres de la Providence, et s’'échappa, presque étouffée dans la fumée, par le parloir qui s'ouvrait à l’extrémité du dortoir.
« Le supérieur des Jésuites, accouru en toute hâte avec les autres Pères, avait sauvé à grand’peine le saint Sacrement et les ornements de la sacristie. L'un des Pères, ayant voulu enlever quelques autres objets, faillit y périr. Une femme huronne, fervente chrétienne qui logeuit dans le monastère, ne s'étant pas réveillée assez vite, se trouva cernée par le feu, et n’échappa qu’en se jetant du deuxième étage sur un chemin durci par la glace, où elle faillit se tuer. On la releva sans connaissance, la
: LR ocre mere ati te termes = Te em th nénegernsteme teen rer mirent > £
D ed
Cr RPETS
ET
croyant morte; mais elle revint à elle et ne ressentit aucune lésion grave.
« La Mère Saint-Athanase s'était trouvée la première hors du monastère; elle s'était hâtée d'aller ouvrir les portes, et avait été se réfugier sous le vieux frêne, se croyant suivie par une partie de la communauté ; mais, en se détournant, elle ne vit personne autour d'elle, et crut à un immense malheur, Ses cris déchirants appelaient ses sœurs; mais la nuit seule répondait à ses sanglots. Enfin elle se jeta, épuisée, à genoux sur la neige, et fit un vœu en l'honneur de l’Immaculée Conception.
« À peine l’eut-elle prononcé, qu’elle les vit venir accompagnées de toutes les élèves, qui se rangèrent autour de leur mère. Seule la Mère de l’Incarnation manquait encore ; tous les regards plongeaient avec avidité au travers de la foule, qui accourait de toute la ville et encombrait les avenues. Le plus grand de tous les malheurs serait-il donc arrivé ? Celle dont les jours étaient les plus précieux, l’âme de la communauté, la colonne du monastère aurait-elle péri ? L'anxiété, l’angoisse, étouffaient tous les sanglots, toutes les lamentations ; enfin on la vit venir, et on la reconnut à son pas tranquille et assuré, à sa démarche ferme, qui révélait le calme et la sérénité inaltérable de son âme. Tout le monde respira plus librement.
« En rejoignant le groupe désolé, la Mère de l’Incarnation fut témoin d’un spectacle capable d’arracher des larmes aux cœurs les plus insensibles.
re dd di Mist tb dde» Hénin ah 2 de A CAL A SE à ds ls
re.