TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE IX
ne voulurent pas imposer trop longtemps à leurs généreuses hôtesses des charges que leurs sentiments d'amitié pour elles leur rendaient douces sans doute, mais qui pourtant auraient pu devenir à la longue trop onéreuses, et elles résolurent de se retirer dans la petite maison de M"° de la Peltrie, située à une centaine de pas seulement des ruines de leur monastère. Ce ne fut qu'à regret que les Hospitalières les virent prendre cette résolution; mais, ne pouvant s'y opposer, elles voulurent du moins leur donner un dernier témoignage de leur tendresse en leur offrant « plus de cinq cents livres de toutes sortes de commodités tant pour elles que pour leurs domestiques ! ».
La petite maison qui abrita dès lors les chères victimes du terrible incendie avait été bâtie aux frais de M°° de la Peltrie, peu de temps après son retour de Montréal. Elle n’avait qu'un simple rez-de-chaussée et ne mesurait pas plus de trente pieds de long sur vingt de large. On y trouva cependant assez d'espace pour une chapelle, un dortoir, un réfectoire, une cuisine, un parloir. Mais il fut impossible d’y installer une école. On fut obligé de construire pour cela tout à côté une cabane d’écorce.
La première question qu’'eurent à se poser nos vaillantes Ursulines dès qu'elles y furent installées
1 Ces domestiques dont il est plusieurs fois parlé n'étaient autres que des cultivateurs chargés du soin de certaines terres qui avaient été concédées aux Ursulines par la compagnie des Cent-Associés,