‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme] (volume 2)Chapitre 80 sur 258 · TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE IX

sentaient une odeur comme d'iris. Les ossements étaient comme huileux, et, ayant été lavés et essuyés, les mains et les linges avaient la même odeur, Ni la vue, ni le maniement des os, ni cette masse blanche ou chair consumée, n’ont donné nulle frayeur, comme font ordinairement les cadavres des morts ; mais plutôt cette vue inspirait des sentiments d'union et d'amour pour la défunte. C'était à qui baiserait ses ossements, et à qui lui rendrait la première ce dernier devoir de piété. Après avoir satisfait notre affection, nous remîmes ses os dans un nouveau cercueil, avec un écrit en parchemin qui fait mention des principales vertus de cette chère Mère, de son zèle pour la conversion des âmes, de sa maison, de ses parents ; puis, ayant enfermé ce cercueil dans un autre, nous l'avons posé sur des soubassements, afin que si un jour, par quelque renversement d’affaires, il nous fallait retourner en France, nous le pussions facilement emporter. Le révérend Père supérieur des missions, dans le service que nous fimes en cette action, nous fit une très belle exhortation sur ce changement de cercueil, sur l'odeur de ses ossements, sur cette pâte blanche, et principalement sur les vertus héroïques de cette âme sainte. C’est l'unique de notre communauté qui soit morte en ce pays depuis vingt-quatre ans que nous y habitons. J'ai pensé de vous envoyer de ses ossements pour être mélés avec les vôtres, lorsque vous irez au tombeau; mais j'ai eu crainte qu'ils ne fussent perdus avant que d'arriver jusqu’à vous. Chère Mère, il fallait

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vous faire ce récit pour votre consolation et pour celle de toute votre illustre famille, au sujet de ma très chère compagne, dont la mémoire nous est et nous sera toujours précieuse en odeur de bénédiction. Je finis en vous assurant de la sincérité de mon cœur et de l'affection avec laquelle je suis, etc. »

1 Lettres historiques. Lettre LXVI, p. 587, 588.

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