‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme] (volume 2)Chapitre 82 sur 258 · TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE X · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE X

Mère Saint-Athanase, supérieure, avait eu une forte inspiration de lui remettre sa charge entre les mains, ce que nous avions fait avec une grande solennité. Je la regardais donc, en cette entreprise, comme ma directrice et mon tout après Dieu. Ainsi je n’eus pas plus tôt commencé, que je ressentis son assistance d'une manière extraordinaire; je l'avais continuellement présente partout où j'allais et en tout ce que je faisais. Je ne la voyais pas des yeux du corps, mais en la manière que le suradorable Verbe incarné me fait l'honneur de se communiquer à moi, par union, par amour et communication actuelle; ce que je n’avais jamais encore expérimenté de la très sainte Vierge, Mère de Dieu, qu'en cette occasion. Je la sentais auprès de moi, m'accompagnant partout dans les allées et venues qu’il me fallait faire dans le bâtiment, depuis qu’on eut commencé à abattre les masures jusqu’à la fin de l'édifice. Chemin faisant, je m’entretenais avec elle et je lui disais : « Allons, ma divine Mère, allons voir nos ouvriers. » Et, selon les occurrences, j'allais en haut, en bas, sur les échafaudages, sans aucune crainte, l’entretenant toujours de la sorte. Je lui disais souvent : « Ma Mère, gardez, s'il vous plaît, tous vos ou- € vriers!.» Et en effet, elle les garda si bien, que dans la construction du monastère, pas un ne fut blessé. D'après un document du temps, les ouvriers euxmêmes se ressentaient de cette céleste direction, « travaillant à refaire la maison de Dieu autant

1 Claude Martin, relation, ch. xvur, IIIe partie, p. 588, 589.

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par dévotion que pour leurs propres intérêts. »

Mais l'intervention de l’auguste protectrice de la maison se manifesta encore d’une manière plus sensible dans la liquidation des comptes. « Vous êtes en peine de ce que je vous ai dit qu'il y a eu du miracle dans notre établissement, écrivait plus tard la vénérée Mère à son fils. Il y en a eu, en effet, Nous avions tout perdu, et notre incendie nous avait dépouiliées de toutes choses. Nous avons fait rebâtir notre monastère ; nous nous sommes vêtues et remeublées, et pour tout cela il nous a fallu faire des dépenses au montant de trente mille livres. L’on nous a prêté huit mille livres sur le pays, lesquelles ne valent pas six mille livres de France. Nous n’avions eu que très peu d'aumônes, dont une partie a servi à nous vêtir, et l’autre à acheter un peu de grain. De cela il ne nous reste que quatre mille livres à payer; encore la personne à qui nous les devons nous donne le fonds après sa mort, s’en réservant l’usufruit pendant sa vie. Enfin il y a vingt-quatre mille livres de pure Providence !. »

Gette merveilleuse intervention du Ciel avait été prédite et annoncée d'avance à une personne de grande vertu, comme on peut le voir par les écrits de notre Mère. « J'ai su, écrit-elle, par la commumcation que j'ai eue avec une personne fort chérie de Dieu’, et qui reçoit de sa bonté des grâces bien particulières, que, quelque temps après notre

1 Claude Martin, addition, éh. xvir, p. 594.

2 Nous ne pensons pas nous tromper en disant que cette per-

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