‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme] (volume 2)Chapitre 83 sur 258 · TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE X · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE X

incendie, la sainte Vierge lui révéla et l'assura que c'était Elle qui réparerait les ruines de notre maison, et qu’Elle en aurait soin'. » Notre Mère de l’Incarnation n’apprit cette révélation si consolante que deux ans après l'incendie, c’est-à-dire lorsque la reconstruction du monastère fut entièrement achevée, Mais elle n'en fut pas étonnée. Heureuse épouse de Jésus, que Marie se plaisait à conduire ainsi ellemême, comme par la main, et à assister dans ses travaux entrepris pour la gloire de l’auguste Trinité de la terre, Jésus, Marie, Joseph !

Toutefois là ne se borna pas l’effet de la protection de la Mère de Dieu en cette circonstance. Depuis l'entière. défaite et la dispersion de la nation huronne, dont les débris s'étaient réfugiés à Québec, l'ennemi rodait sans cesse autour des terrains occupés par la colonie française. Il apparaissait en masses nombreuses, tantôt à Montréal, tantôt aux Trois- Rivières, quelquefois même plus près encore du centre de la colonie. En 1652, le gouverneur des Trois-Rivières, M. du Plessis, qui s'était avancé un peu témérairement au delà des petits forts destinés à protéger le village, était tombé dans une embuscade, et avait été massacré par les Iroquois avec vingt-deux hommes de sa suite,

Ces sauvages furent tellement enivrés de ce succès qu'ils se crurent maîtres de toute la vallée du Saint-

sonne était la vénérée Mtre Catherine de Longpré de Saint- Augustin , de l'hôtel-Dieu de cette ville.

1 Les Ursulines de Québec, t. Ier, p. 205, 206.

j'a gran

Vos

Laurent. Ils retournèrent en toute hâte dans leurs villages pour demander du secours, afin, disaient-ils, d’exterminer cette fois à tout jamais les Français et les sauvages qui étaient leurs alliés.

On les vit arriver, en effet, peu de temps après en nombre très considérable. Après avoir massacré le Père Buteux dans la mission des Ahimataks, ils mirent le siège devant Montréal, et s’avancèrent jusqu’au delà du village des Trois-Rivières, qui heureusement, grâce à la prévoyance d’un Père jésuite, fut en état de leur résister. Ils se répandirent même jusque dans la campagne aux environs de Québec, brûlèrent la plupart des moissons et s’emparèrent du Père Poncet, qui s'était imprudemment avancé I trop loin des habitations françaises, pour secourir ; une pauvre femme gravement malade. d En apprenant ces nouvelles, la colonie se crut perdue. Le gouverneur était allé en France pour implorer auprès du roi et de ses ministres des secours longtemps promis, mais qui n’arrivaient jamais. La petite garnison de Québec ne pouvait opposer à cette terrible-invasion que de très faibles moyens de défense. C'est ici qu'éclate la merveilleuse intervention de la Providence. Québec, qui était en cette circonstance à la merci des Iroquois, ne fut point attaqué ; bien

plus, ces sauvages demandèrent eux-mêmes la paix.

« Nous voyons sur nous, écrivait à cette occasion notre vénérée Mère, des protections de Dieu qui sont toutes miraculeuses. Il aveugle nos ennemis, pour les empêcher de voir leurs forces et notre fai-

Page 1