‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme] (volume 2)Chapitre 89 sur 258 · TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE X · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE X

se rattache à un épisode des cruelles guerres iroquoises en 1663.

« Deux Français avaient été pris par ces barbares aux environs du fort Richelieu. Emmenés aux Cinq- Cantons, ils furent couverts de plaies affreuses et ils allaient être mis à mort quand, sur l’avis de Garakontié, l’ami des Français, on leur donna un guide pour les ramener en leur pays. Mais ce guide les abandonna au milieu de ces terres inconnues. Exténués et à demi morts, ils invoquent la sainte Vierge, et trouvent assez de force pour se traîner jusqu'à l'entrée d’un village à Onneyouths. Que faire ? Allaient-ils se livrer à la merci de leurs plus cruels ennemis ? Ils invoquent de nouveau la sainte Vierge et se sentent inspirés d'aller se réfugier dans une Cabane qui se trouvait à l'écart. O Providence! une jeune femme vient à leur rencontre, les accueille avec toute la charité possible, leur parlant très bien français et les rassurant sur leur sort. Elle prépare du feu, leur présente à manger; puis elle panse leurs plaies, et va même chercher des racines pour en faire un appareil qu'elle applique sur leurs plus dangereuses blessures. Ces malheureux ne doutent plus que ce ne soit un ange du ciel envoyé par leur céleste libératrice, et ils demandent à cette charitable femme qui elle est : « Je suis, dit-elle, la « pauvre Marguerite Hatenhoutona, bien connue des robes noires, de qui j'ai reçu le baptême, et des saintes filles les Mères Ursulines de Québec, chez lesquelles j'ai été élevée. J’en ai reçu de si bonnes

instructions que, nonobstant ma malheureuse captivité, je ne quitterai jamais la foi dont elles m'ont enseigné les principes avec une éducation de plusieurs années. Il est bien juste que je vous rende en partie la charité dont elles m’ont comblée quand j'étais avec elles. Elles m'ont appris à parler français ; n'est-il pas raisonnable que je vous console maintenant dans cette même langue, et que j'aie pour vous de la bonté comme elles en ont eu envers moi ? Le peu que je fais pour vous n'est rien en comparaison de ce qu'elles ont fait pour moi. » Et cette bonne Marguerite entrait de la manière la plus touchante dans les petits détails du soin qu’on avait pris d'elle aux Ursulines, ajoutant qu'elle s’employait de grand cœur à panser leurs plaies à l'exemple des autres saintes filles, qu’elle avait vues servir les malades avec tant de charité,

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