TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE X
en coupant ce pain: « Je pense que Dieu le fait « multiplier en faveur de ces pauvres gens, et pour
y « les tirer de la nécessité. » Mais les religieuses, qui connaissaient les admirables vertus de leur sainte t Mère et sa puissance sur le cœur de son divin e Époux, constataient sans un trop grand étonnement LS | cette ravissante merveille.
e k Dans les beaux temps, c'était sous des toits si d’écorce, dans le voisinage du vieux frêne, qui se re voit encore, dit-on, que se faisait cette classe spén- : iale des petites filles huronnes. Ces enfants donnt « nèrent d'abord beaucoup de consolation ; malheureuaùt F sement la passion des boissons enivrantes commen- Née k çait déjà à faire de nombreux ravages dans leurs s à tribus, et bientôt elles ne se ressentirent que trop t la : des vices de leurs parents. Les religieuses leur ayant représenté les suites de leur mauvaise conduite, ile E toutes les coupables disparurent. « Le naturel des pre- sauvages est comme cela, dit la vénérée Mère : ils 1h tion ë font comme ils voient faire aux autres, en matière 1 ans \ de mœurs, à moins qu'ils ne soient bien affermis de bec, \ dans la morale chrétienne. » Les marques sensibles Ê ains de la colère de Dieu, dans les épouvantables calasure mités des années qui suivirent, ramenèrent ces bien pauvres gens à la raison et aux pratiques de la foi. s le \ Mais, à part cette défection momentanée parmi les rfois filles sauvages externes, qui se trouvaient sous le : contrôle immédiat de leurs parents, nos Ursulines dit un K n'avaient qu'à se féliciter de leurs élèves.
« Nos séminaristes sédentaires nous donnent tous
les contentements possibles, écrivait notre vénérable Mère. L'une d'elles me disait il y a quelque temps : « Je parle souvent à Dieu dans mon cœur, je prends « grand plaisir à nommer Jésus et Marie. Ah ! que « ce sont de beaux noms! » Un jour plusieurs d’entre elles se demandaient les unes aux autres quelle était la chose pour laquelle elles pensaient avoir le plus d'obligation à Dieu. L'une dit : « C’est parce qu'’Il « s’est fait homme pour moi, et qu’Il a enduré la « mort pour me délivrer de l'enfer ; » l'autre ajoute: « C’est de ce qu'Il m'a faite chrétienne, et de ce « qu'il m'a mise par le baptême au nombre de ses « enfants. » Une petite fille qui n’a pas plus de neuf ans et qui a fait sa première communion depuis un an et demi, haussa la voix et dit: « C'est de ce que « Jésus se donne à nous en viande au saint Sacre- « ment de l'autel!! »
Les dimensions de cette histoire ne nous permettent pas de citer davantage. Mais que n'aurions-nous pas à dire encore sur les élèves sauvages du monastère de Québec, aux premiers temps de sa fondation! Notre vénérable Mère ne tarissait pas sur le compte de ces chères enfants, objet de sa maternelle prédilection. Sa correspondance est toute pleine des témoignages de sa tendresse à leur égard.
Mais sortons un instant du monastère, et voyons un exemple des fruits que portaient au loin les travaux des Ursulines. Ce trait est tiré des relations et
1 Les Ursulines de Québec, t. Xer, p. 213, 214,