‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme] (volume 2)Chapitre 9 sur 258 · TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE IV

la communauté naissante, Nous voulons parler de l’arrivée de deux nouvelles Mères du monastère de Saint-Jacques à Paris. Le 7 juillet 1640, un an à peine après l'arrivée des premières Ursulines, on vit débarquer à Québec ces deux vaillantes émules de leur apostolat. La plus jeune, que nous nommons cependant la première, à cause du rôle important qu'elle a été appelée à jouer auprès de la Mère Marie de l’Incarnation, s’appelait Mère Marguerite de Flécelles de Saint-Athanase. Elle appartenait à une riche et noble famille, très connue à Paris par les charges considérables que plusieurs de ses membres avaient exercées avec honneur. Encore toute jeune enfant , elle avait été mise au pensionnat des Ursulines de Paris, et « dès lors, dit une ancienne relation, son excellent naturel eommença à se manifester ». Une humeur gaie et accommodante, une physionomie agréable, un port majestueux, lui gagnaient tous les cœurs. Mais l'Époux céleste, qui se sentait jaloux de cette belle âme, la favorisa, dès sa plus tendre jeunesse, d’une excellente vocation religieuse. On raconte que Dieu voulut éprouver de bonne heure sa ferveur et son courage par des peines d'esprit très violentes, dont la Providence se servit pour l'appeler au Canada. Un jour, en effet, se sentant plus éprouvée que de coutume, elle eut la pensée. de promettre à Dieu d'aller collaborer à cette difficile et labo-

1 Les Ursulines de Québec, t. Ier, p. 479.

rieuse mission, s’il lui plaisait de la délivrer de ses peines intérieures.

A peine eut-elle fait cette sainte promesse, elle se sentit aussitôt consolée, et ne songea plus qu’à l’exécuter. L'occasion ne tarda pas à s’en présenter. Après le passage à Paris de notre Mère de l’Incarnation et de ses compagnes, les religieuses Ursulines du faubourg Saint-Jacques avaient formé le projet d'envoyer au Canada deux religieuses de leur Communauté. Déjà, la Mère Anne le Bugle de Sainte-Claire, dont nous parlerons tout à l’heure, avait été désignée pour recueillir l'héritage qui avait failli échoir à la Mère de Saint-Jérôme, et on se préoccupait de lui choisir une compagne, lorsque le vœu de la Mère Saint-Athanase vint lever tous les doutes, et fixer irrévocablement le choix des supérieurs.

Formée à l’école de la souffrance intérieure, cette vaillante Ursuline, dès son arrivée à Québec, se sentit puissamment attirée vers la Mère de l’Incarnation, et ce fut aussitôt, entre elles deux, une amitié profonde comme celle qui s’établit entre les âmes des saints. Nous ne tarderons pas à les voir associées, l’une et l’autre et tour à tour, au gouvernement du monastère naissant, et quand l’heure du départ pour la patrie céleste aura sonné pour notre Mère, ce sera la Mère Athanase qui sera appelée à lui fermer les yeux.

La Mère Anne le Bugle de Sainte-Claire, la première élue par les Ursulines de Paris pour la maison

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