‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme] (volume 2)Chapitre 10 sur 258 · TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE IV

du Canada, était plus âgée de neuf ans que sa com-

pagne. Née dans la nuit de Noël de l’année 1605, sa vie n'avait été, jusqu’à son entrée en religion, L qu'une douce floraison d’innocence et de tendre ‘ | piété. Le monde l'avait recherchée un moment à c cause de ses rares qualités d'esprit et de cœur, non - moins que des grâces ingénues de toute sa per-

e sonne, Mais le divin Époux, qui l'avait depuis long- 1Ù temps marquée du sceau des préférées de son cœur, le ayant permis qu'elle fût amenée, par un concours >, de circonstances assez extraordinaires, à passer ui quelques jours au pensionnat des Ursulines d’Eu, et quand elle n’était encore que jeune fille dans le e, monde, la supérieure de cet établissement l’engagea mt | vivement à profiter de cette occasion pour faire le une petite retraite.

M': Anne le Bugle n'eut pas plus tôt jeté les yeux tte sur Notre-Seigneur mort en croix pour nous, qu'elle se conçut le dessein de lui vouer entièrement et uniquear- ment son cœur. Ce fut en vain que ses parents ine mirent tout en œuvre pour la détourner de son les pieux dessein. Elle venait d’entrer au monastère oir des Ursulines du faubourg Saint-Jacques à Paris, pu- lorsque notre Mère de l’Incarnation et la Mère de

e Saint-Joseph s’y arrêtèrent quelques jours. ur On se souvient de l’impression profonde que leur era passage y produisit. Loin de se calmer, elle n'avait | fait qu'augmenter après leur départ. Surtout après pre- l'échec de la vocation de la Mère de Saint-Jérôme, son | que nous avons rapporté plus haut, ce ne fut entre

les religieuses du faubourg Saint-Jacques que pieuse émulation pour obtenir la faveur qui avait été refusée à cette Mère. Pendant toute l’année elles ne cessèrent de faire des prières et de pratiquer des pénitences, pour mériter une part dans les sacrifices de la Nouvelle-France. « Notre Mère Sainte- Claire était en des ardeurs non pareilles, dit une vieille relation du temps, et ne pouvait quasi parler d'autre chose, ce qui lui attirait de petites railieries et d'assez bonnes confusions parfois. Elle ne s’en déconcertait pas. Sachant que saint Joseph était le protecteur du Conada, et qu'il s'était déclaré le protecteur particulier des Ursulines dans la vocation des premières fondatrices, elle s’en remit entièrement à lui, disant agréablement et résolument que, lors même que son bon père saint Joseph la devrait porter par les cheveux comme un ange fit à Habacuc, elle irait au Canada !. »

Dieu récompensa son zèle et sa ferveur; et au printemps de l’année 1640, un an après le passage de la Mère Marie de l’Incarnation à Paris, elle fut choisie pour aller coopérer à ses œuvres apostoliques dans le nouveau monde?.

L'arrivée de ces deux religieuses portait à cinq le nombre des Mères de la nouvelle maison de Québec. Elles n'avaient point encore de sœurs converses, et

1 Les Ursulines de Québec, t. Ier, p. 364.

2 Nous avons une touchante lettre que la Mère le Bugle de Sainte-Claire écrivait à sa famille peu de jours après son arrivée au Canada; on la trouvera à la fin de cet ouvrage.

1 Ce est cel été co enscig

Page 1