‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme] (volume 2)Chapitre 91 sur 258 · TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE X · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE X

Mère de l'Incarnation de recevoir encore de la mère patrie quelque nouvelle religieuse capable de coopérer à l’œuvre apostolique du Canada, le R. P. J. Lallemand, qui était allé en France, s'était préoccupé de trouver parmi les Ursulines françaises une nouvelle élue du Seigneur. Il la trouva très heureusement en la personne d'une fervente religieuse de la maison de Magny, appelée Mère Marie de Villiers de Saint- André. Cette religieuse arriva à Québec, à la grande Joie de sa nouvelle famille adoptive, le 29 juin 1657, amenant avec elle une excellente personne séculière appelée Antoinette Mékinon, spécialement choisie par les Ursulines de Dieppe pour la maison du Canada. Cette dernière devint sœur converse sous le nom de sœur Sainte-Marthe, et fit profession le jour même de l'arrivée à Québec de Msr de Montmorency-Laval, dont nous parlerons bientôt.

Mais, si la France fournissait presque chaque année son contigent de ferventes religieuses à la nouvelle communauté de Québec, le Canada ne demeurait pas infécond en belles vocations religieuses. Ces beaux lis, que la main du divin Époux cultive avec tant de soin, et dont il est si jaloux, croissaient déjà en abondance au sein de la nouvelle Église.

Dès l’année 1652, au moment même de l’inauguration du nouveau monastère, on avait vu une douce jeune fille, dont les parents résidaient depuis déjà longtemps au Canada, venir frapper à la porte du couvent, sollicitant avec instance la faveur d'y être admise en qualité de postulante. C'était M"° Gene-

ES ner ep —

viève Bourdon, fille de M. Bourdon, procureur du roi à Québec, un des plus vaillants chrétiens de la colonie.

La jeune prétendante n'avait pas encore quatorze ans. « Mais elle plaida si bien sa cause, disent les mémoires des Ursulines de Québec, qu’il fallut bien lui permettre de se ranger parmi les courageuses filles de Sainte-Ursule, sous les soins maternels et les saintes leçons de la vénérable Mère Marie de l’'Incarnation. » Elle fit profession deux ans après, le 25 novembre 1654.

Son noble exemple, comme autrefois celui de saint Bernard, entraîna peu de temps après vers la vie religieuse ses trois plus jeunes sœurs, Marie, Marguerite, Anne, et plusieurs de ses amies. Marie entra à l'Hôtel-Dieu en 1652, et y fit profession sous le nom de Thérèse de Jésus. Elle y mourut en 1660, âgée seulement de vingt ans. Marguerite entra aussi chez les Hospitalières en 1657. Elle devint une des fondatrices de l'hôpital général, où elle mourut en 1706, à l’âge de soixante-quatre ans.

Quant à la plus jeune de toutes, Anne, elle était destinée à s’enrôler, elle aussi, à l'exemple de sa sœur aînée, sous la virginale bannière de Sainte- Angèle et à devenir plus tard une des supérieures les plus remarquables de la maison de Québec. Ce n'était encore qu'une petite enfant de huit ans, lorsque sa sœur Geneviève entra au couvent; mais sa vocation paraissait dès lors déjà fixée. « On la voyait parfois, racontent les mémoires, quitter les

eee panier amener

Page 1