‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 134 sur 258 · DEUXIÈME PARTIE — CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE — CHAPITRE VI

ces paroles: « C'est le Canada que je t'ai fait voir, il faut que tu y ailles bâtir une maison à Jésus et à Marie. > — « Ces paroles, nous a-t-elle dit elle-même, qui portaient vie et esprit dans mon âme, la rendirent en cet instant dans un anéantissement indicible au commandement de cette infinie et adorable Majesté. » La servante de Dieu, accablée par cette révélation et cet ordre divin, trouva cependant assez de force pour répondre : «& O mon grand Dieu! vous pouvez tout, et moi je ne puis rien; s’il vous plaît de m'aider, me voilà prête; je vous promets de vous obéir, faites en moi et par moi votre très adorable volonté !. »

Après cette réponse, la grande élue du Seigneur pour la conversion du Canada entra dans une extase amoureuse, durant laquelle elle reçut de son divin Époux d'ineffables caresses, « auxquelles succédèrent, nous a-t-elle dit, de grands effets intérieurs de vertu. »— « Je ne voyais plus, ajoute-t-elle, d'autre pays pour moi que le Canada. Mes courses ordinaires étaient dans le pays des Hurons pour y accompagner les ouvriers de l'Évangile. J'y étais unie d'esprit au Père éternel, sous les auspices du sacré Cœur de Jésus, pour lui gagner des âmes. Le Canada était maintenant ma demeure et mon pays ?. »

O admirables desseins de la Providence! On n'était encore qu'en l’année 1635, c’est-à-dire douze ans avant la naissance de la bienheureuse Marguerite-

1 Dom Claude Martin, relation, ch. xt, Ile partie, p. 309, ? Id. ibid.

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