DEUXIÈME PARTIE — CHAPITRE VIII
Deux années entières se passèrent encore dans ces désirs, ces préparatifs, ces continuelles aitentes. Notre Mère de l'Incarnation appelait le Canada sa terre promise, et certes, les Israélites dans le désert ne soupiraient pas avec plus d’ardeur vers la terre de Chanaan, qu'elle ne le faisait vers son cher pays d'adoption. Elle continuait à entretenir une correspondance aussi fréquente que possible avec les Pères Jésuites attachés à cette glorieuse Mission, qui, de leur côté, ne esssaient de l’engager de tout leur pouvoir à venir au secours de leurs chers néophytes. Ces appels réitérés eussent été assurément capables d’exciter le zèle d'une âme moins généreuse que la sienne, mais ils ne pouvaient rien ajouter aux ardeurs apostoliques qui la dévoraient. Jour et nuit, son esprit et son cœur étaient tout entiers au milieu de ses chères filles sauvages. Elle les portait déjà dans son cœur et les offrait constamment à Jésus.
Mais ce divin Sauveur ne va pas tarder maintenant à satisfaire l’impatience de sa chère épouse, car, par des moyens qu'elle ignore encore, il a déjà tout disposé pour son départ.
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