‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 164 sur 258 · DEUXIÈME PARTIE — CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE — CHAPITRE IX

de son père, qui, ignorant ses engagements et même ses pieux desseins, désirait vivement qu’elle contractât un second mariage. Elle s’y était refusée, sans doute, avec une grande énergie. Mais M. de Chauvigny, qui ne pouvait comprendre les résistances de sa fille, ne cessait de la supplier de céder enfin à ses pressantes sollicitations. Il en vint un jour jusqu’à lui déclarer que si elle ne consentait pas à cette nouvelle union, elle le verrait bientôt mourir de chagrin, et qu’elle aurait ainsi à se reprocher plus tard d’avoir été la cause de sa mort.

On comprend facilement quel était le supplice d'une fille aussi aimante et aussi dévouée à son père que l'était M"° de la Peltrie, en entendant de pareilles paroles. Ce n’était, du reste, tous les jours, autour d'elle, dans sa maison, que petits complots et machinations de toutes sortes, pour obtenir le consentement tant désiré. Connaissant sa haute et profonde piété, on avait le plus souvent recours à des religieux, fort recommandables d'ailleurs, qui, ne connaissant pas les motifs des refus de la pieuse veuve, l’engageaient fortement à donner enfin satisfaction à ce père bien-aimé,

Ne sachant comment triompher de toutes ces difficultés, elle eut un jour l’idée de s’adresser à un religieux très pieux et très savant, ami de sa famille et au courant de ses secrets engagements avec Dieu, qui lui suggéra un moyen vraiment fort étrange, et qui paraîtra fort singulier, mais dont les événements ont démontré la justesse et la parfaite opportunité.

« Non loin d'Alençon, raconté M. l'abbé Casgrain, vivait alors un gentilhomme de haute famille, d'une brillante fortune, et jouissant d’une réputation d’éminente sainteté. M. de Bernières-Louvigny{ était trésorier de France à Caen, et, par sa position, avait de fréquents rapports avec M. de Chauvigny. Celui-ci, connaissant l'angélique vie qu'il menait, ne tarissait pas en éloges sur son caractère et ses mérites. Le révérend Père conseilla done à M"° de la Peltrie de lui faire connaître sa généreuse entreprise aussi bien que les obstacles qu’elle y rencontrait, et de l’engager à la demander en mariage à la condition de vivre ensemble comme frère et sœur. Quelque singulier que parût ce projet, la nécessité força M"° de la Peltrie d'y recourir. Elle écrivit sur-le-champ à M. de Bernières pour lui faire part de sa position, et de l’expédient qu’on lui avait suggéré. Elle le suppliait de l'aider dans cette circonstance, où il s’agissait de son salut et de la gloire de Dieu.

« M. de Bernières recula d’étonnement à la récep-

1 M. de Bernières-Louvigny, dont il est ici question, fut un des hommes les plus recommandables du xvn® siècle par son éminente piété. Le Père d'Argentan, qui fut légataire de ses écrits, en a publié de nombreux fragments dans un ouvrage intitulé le Chrélien intérieur, qui fut condamné en 1698 comme étant légèrement entaché de quiétisme. De nos jours, on en a publié chez Josserand une nouvelle édition entièrement expurgée et approuvée en 1865 par Mir Lyonnet, ancien archevêque d'Albi. De son côté Msr Doney, ancien évêque de Montauban, a écrit une fort intéressante notice biographique sur l'angélique M. de Bernières, que l'on trouvera à la fin de ce volume.

Casmille, répu- -Loupar sa M. de ne vie ur son nseilla nnaître bstacles mander comme > projet, recourir.

res pour nt qu'on der dans lut et de

la récep-

, fut un des bn éminente crits, en à

hé le Chrélégèrement

2 Josscrand

Lvée en 1865 Mur Doney:

sante notice trouvera à

Page 1