TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE II
pour ceux qui sont bien habillés. Mais il y en a qui sont presque nus en tout temps par pauvreté. Les femmes sont fort modestement vêtues, ayant toujours des ceintures qui les serrent (car les hommes n’en ont presque jamais, leurs robes allant au gré du vent). Leurs robes vont en bas jusqu'à mi-jambes, et en haut jusqu'au haut du cou, ayant presque toujours les bras couverts. Elles se couvrent aussi la tête d’un bonnet de nuit d'homme, ou d’un castor ou d'un tapabort. Leurs cheveux sont abattus sur le visage et liés par derrière ; et communément elles sont fort modestes et pudiques. Nous faisons de petites simares à nos séminaristes et les coiffons à la française, On aurait de la peine à distinguer un homme d'une femme, sans cette différence d’ajustement dont je viens de parler, car leurs visages sont tous semblables. Leurs souliers sont de peau d’orignac, préparée comme celle de buffle. Ils en froncent un morceau par le bout, mettent une pièce carrée au talon, passent une petite courroie comme à une bourse, et voilà leurs souliers faits. Les Français n’en portent point d’autres l'hiver, parce qu'on ne peut sortir pour marcher sur la neige qu'avec des raquettes, et pour cela on ne peut se servir de souliers français. Voilà ce que vous désiriez savoir touchant la façon des maisons et des habits de notre Canada, »
A ces précieux détails sur les mœurs et les coutumes des indigènes, notre Mère en donnait encore de
1 Lettres historiques. Lettre à son fils, du 27 août 1644. 1. — 35
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