‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 228 sur 258 · RE PS · texte numérisé non relu

RE PS

Free

culières avec lui. Quelque imbus qu'ils eussent été des maximes du monde, ils changeaient bientôt de sentiments; ils ne parlaient plus que de la vie cachée, abjecte et pauvre, de n'être plus rien dans l'esprit et le cœur des hommes, et de faire leur grande étude aux pieds de Jésus-Christ crucifié.

Si les personnes qui prenaient un intérêt particulier à leur salut recherchaient la société de M. de Bernières, lui-même aimait à se lier avec les âmes qui pratiquaient la piété. Il entreprenait quelquefois des voyages dans la seule intention, comme il le disait, de chercher des saints. Aussi était-il en liaison avec presque tous les serviteurs de Dieu qui vivaient de son temps. Il eut des relations particulières avec l'évêque de Béryte, un des plus célèbres missionnaires de la Chine; avec M. de Laval-Montmorency, premier évêque de Québec en Canada, prélat digne par son zèle des temps apostoliques, et qui préféra les travaux qu'il y avait à supporter, pour affermir la religion dans cette partie du nouveau monde, à tous les avantages que pouvait lui procurer en France son illustre naissance. Ce fut aussi M. de Bernières qui alla prendre au couvent des Ursulines de Tours, pour la conduire au port de Dieppe où elle s'embarqua, la vénérable Mère Marie de l'Incarnation, dite dans le moude Mr° Martin, fondatrice de sa congrégation dans la Nouvelle-France, Enfin l'amitié qui l’unit au Père Jean Chrysostome et au célèbre Boudon serait seule pour M. de Bernières un titre de gloire.

Il ne négligeait aucun de ces moyens de salut qui paraissent minutieux aux mondains, parce qu'ils ne savent pas que rien n'est petit de ce qui regarde le culte de Dieu, Le respect qu'il avait pour les indulgences était remarquable, et il portait toujours sur lui plusieurs médailles bénites. Il avait une profonde vénération pour les moindres cérémonies de l'Église, Sa dévotion envers la sainte Vierge,

TION

été des le senti- , abjecte cœur des

pieds de

articulier 3ernières , atiquaient es dans la des saints.

serviteurs 8 relations us célèbres |- Montmoprélat digne préféva les mir la reli- à tous les , son illustre alla prendre conduire au érable Mère qe Martin, elle-France.

bstome et au ières un titre

de salut qui ‘ils ne savent ulte de Dieu.

était remarurs médailles * Jes moindres sainte Vierge,

el spécialement envers son Immaculée Conception, était toute particulière. Il était de la congrégation de Notre- Dame , érigée dans les maisons de la compagnie de Jésus de Caen; et la liaison qu'il conserva jusqu'à sa mort avec les enfants de saint fgnace, jointe au don de foi qu'il possédait à un degré éminent, fait aisément comprendre l’opposition extraordinaire qu'il avait pour toute nouveauté en matière de doctrine; aussi avait-il en horreur le jansénisme.

Une vertu aussi parfaite que celle de M. de Bernières ne devait point, ce semble, craindre le trépas; cependant Dieu, dont les desseins sont admirables, permit que son serviteur éprouvât une frayeur extraordinaire de la mort. La tradition de sa famille est qu'il demandait au Seigneur de mourir subitement. Sa prière fut exaucée. Le 3 mai 1659, qui fut le dernier jour de sa vie, il n'avait eu aucune atteinte de mal. Un domestique, chargé de l'avertir tous les soirs que le temps de l’oraison était fini, parce que sans celte précaution il eût donné à la prière l'instant qu'il devait donner au sommeil, étant entré dans son appartement pour s'acquitter de sa commission, M. de Bernières le pria, avec sa douceur ordinaire, de lui laisser encore un moment. Ce moment qui, selon les apparences, ne se mesura pas à la minute, étant fini, le domestique rentre et trouve son bon maitre à genoux, mais sans mouvement et sans vie, Son âme, perdue dans le sein de la Divinité, n'avait pu revenir à lui, Il était âgé de cinquante-sept ans. Une Ursuline de Caen avait prédit sa mort trois Jours avant qu'elle arrivät. Son corps fut enterré dans l'église des Ursulines de Caen, dont sa sœur avait été la fondatrice et la supérieure, L'on mit sur son tombeau ces mots : Jésus-Cnrisr Est MORT POUR TOUS LES uommes. C'était sa devise. Îl s'était fait faire un cachet qui portait l'image du crucilix avec la même inscription. Cette seule parole : « C'est pour mon amour que le Fil

de Dieu s'est fait homme et qu'il est mort sur la croix, » remplissait son cœur de consolation. Il s'en servait pour nourrir sa foi, pour animer sa confiance, pour enflammer son amour. Et quels effets admirables ne produisirent pas ces vertus en M. de Bernières?

'ION

TOIX ; Ÿ ut pour lammer rent pas

Page 1