‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 25 sur 258 · LE TRAVAIL ET L'ORAISON · texte numérisé non relu

LE TRAVAIL ET L'ORAISON

Ses durs travaux dans la maison de sa sœur. — Nouvelles faveurs célestes. — L'oraison de quiétude. — Arrêt dans l'oraison. — Son vœu de chasteté perpétuelle. — Elle passe sous la direction de dom Raymond de Saint-Bernard. — Ses admirables progrès dans la vie spirituelle. — Ses fiançailles divines.

Vide humilitatem meam et laborem

meum.

Voyez, Ô mon Dieu, mes humiliations et mes travaux. (Ps. XXIV, 18.)

S'il est beau pour une âme de s'éloigner du monde pour s’adonner dans la solitude à la contemplation des choses divines, et entretenir un doux et intime commerce avec Dieu, il est encore plus méritoire pour elle de conserver le même recueillement intérieur, la même union intime avec Dieu, au milieu du tourbillon des affaires extérieures et des plus rudes travaux. Notre jeune veuve avait une sœur mariée à un riche entrepreneur de transport de marchandises dans toutes les parties du royaume, et qui

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de plus était officier d'artillerie. Sa maison était une des plus nombreuses et des plus considérables de toute la province. On y voyait un immense matériel consistant en chevaux de toutes sortes, voitures, charrettes et chariots, sans parler du nombreux personnel d'ouvriers, de valets, de domestiques, qu’exigeait une entreprise d’une aussi grande importance.

Connaissant l'aptitude et l'intelligence que leur pieuse sœur avait montrées, pendant les deux années de son mariage, dans le maniement des affaires, notre riche entrepreneur et son épouse eurent l'idée de lui demander son concours. Cette proposition, contraire, il est vrai, à son attrait pour la solitude, lui parut cependant répondre à un autre besoin de son cœur, toujours avide de dévouement. Elle se décida donc à l’accepter, à la condition cependant qu’on lui accorderait tous les jours quelques moments pour vaquer à ses saints exercices de dévotion.

A peine entrée dans cette maison, on la vit aussitôt donner libre carrière à son attrait pour l'humiliation, le travail et l’anéantissement de l’amourpropre. Elle cherchait tellement à abaisser la partie inférieure de son âme, qu'elle l’aurait bientôt anéantie complètement, si c'eût été possible. « Mais, ajoutet-elle, tandis que cette partie inférieure de l'âme se laissait conduire et réduire au gré de la partie spirituelle, celle-ci répandait sur l’autre une onction suave qui adoucissait ses travaux. Et toutes les deux, étant ainsi d'accord, couraient dans la voie des humilia-

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