‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 54 sur 258 · PREMIÈRE PARTIE — CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE — CHAPITRE VI

passa, pendant tout le cours de cette année, dans une douce et continuelle union avec Dieu: si bien que, pour exprimer l'état dans lequel elle se trouvait, elle s’est servie du mot de béatitude, « à cause de la jouissance toute spirituelle » qu'elle y éprouvait.

Tantôt son âme « avait les mêmes souhaits, nous dit-elle, que l’Épouse des Cantiques; » elle invitait le divin Époux, en lui disant : « Venez, mon bienaimé, venez en mon jardin!. » Pour lors, elle reconnaissait qu’il était proche d'elle, et elle entendait sa voix, qui n'était autre qu'une manifestalion de lui-même faite à la dérobée, qui la faisait tressaillir d’aise et lui faisait dire par ses élans anoureux : « J'entends la voix de mon bien-aimé; voilà qu'il regarde, il est derrière la muraille, il me regarde au travers des treillis ?. »

Tantôt elle était saisie par la pensée de sa bassesse et de son néant. « Je me suis vue jusqu’à la défaillance à l'aspect de la grandeur de sa Majesté, » dit-elle. Tout éblouie à la vue de son divin Époux, elle s’écriait : « O largeur, à profondeur, à longueur, à hauteur infinie, immense, incompréhensible, ineffable, adorable! O éternité, à beauté, ponté, pureté, amour! mon centre, mon principe, ma fin, ma béatitude, mon tout! »

1 Cant., v, 1.

2 Cant., 1, 9. — Dom Claude Martin, ch. xxr, [re partie, p. 92. 3 Id., addition, ch. xxnr, p. 102.

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