‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 80 sur 258 · PREMIÈRE PARTIE — CHAPITRE X · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE — CHAPITRE X

comme un vague pressentiment du malheur qui allait lui arriver. Ses parents et amis ne le regardaient plus qu'avec un air de pitié. Ils murmuraient entre eux, en le voyant, des paroles qu'il n’entendait pas, mais dont son cœur ne laissait pas de comprendre la signification. Peu à peu il tomba dans une mélancolie profonde, et, sous l'influence de cette sombre tristesse, il prit la résolution d’aller à Paris, chez un correspondant de son oncle,

Il quitta donc un jour secrètement la maison de sa mère, et se dirigea tout seul à pied vers Paris. On le chercha longtemps à Tours, mais en vain. Aucune des personnes envoyées à sa recherche ne put apporter le moindre renseignement sur cette disparition subite. Malgré sa soumission habituelle à la volonté de Dieu, la pauvre mère ne pouvait se décider cette fois à accepter un pareil sacrifice. Elle se plaignit à Dieu, lui disant qu’elle se serait résignée à la mort de son fils, s’il l’eût voulu, mais que c'était trop de le perdre de la sorte. Son unique consolation, en ces conjonctures douloureuses, était de se rappeler le mystère de la perte de l'Enfant Jésus à l’âge de douze ans, à Jérusalem, que l’Église célébrait précisément à cette époque. En unissant ses larmes à celles de la très sainte Vierge, en cette circonstance si pénible, elle sentait renaître en elle l'espoir et la confiance. Une voix intérieure lui disait, du reste, qu’elle aussi recouvrerait bientôt son fils.

En effet, au bout de trois jours, une personne très connue de M"° Martin et de sa famille ren-

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