PREMIÈRE PARTIE — CHAPITRE X
: | son de Dieu n’était pas faite pour recevoir des per- | sonnes aussi imparfaites ». À ces mots, elle se leva, : et, après avoir fait une inclination profonde, elle se à retira en s'’ence, toute couverte de confusion. Mais, on le comprendra sans peine, dès qu’elle cn fut sortie, le Père dom Raymond de Saint-Bernard # et la Mère Françoise de Saint-Bernard, seuls témoins de cette scène, demeurèrent un instant dans une le muette et profonde admiration à la vue de tant de d vertus, et ne purent retenir leurs larmes.
| di Cependant toutes les formalités étaient accomplies; il ne restait plus qu’à fixer le jour de l’entrée de la sr généreuse postulante dans le monastère des Ursu- Jui lines. Le jour choisi fut le 25 janvier. (On était alors Là en l’année 1631.) dé Nous laissons à penser avec quelle ferveur elle se si prépara à ce grand acte. Après avoir reçu encore FA une fois, de sa sœur et de son beau-frère, la proos messe solennelle qu’ils n'abandonneraient pas son fils si et lui serviraient de père et de mère, elle alla solliciter la bénédiction de Ms l'archevêque de Tours, RER et fit ses derniers adieux à tous ses parents et amis. a Quand le jour marqué fut venu, elle embrassa nd en pleurant son vieux père, qui poussait des cris de déchirants; puis elle appela son fils auprès d'elle pr dans sa chambre, et là, sans témoins, lui demanda si son consentement au sacrifice qu'elle allait accoma plir. « Mon fils, lui dit-elle avec l'accent de la de plus vive tendresse, j'ai à vous communiquer un ai- grand secret, que je vous ai tenu caché jusqu’à pré-
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sent, car vous n'’étiez pas en âge de l'écouter ni d’en comprendre l'importance, Mais maintenant que vous êtes plus raisonnable et que je suis sur le point de l'exécuter, je ne puis plus différer de vous en donner connaissance, Je vous dirai donc que depuis la mort de votre père, avec lequel je n'ai vécu que deux ans, Dieu m’a inspiré la pensée de quitter le monde et de me faire religieuse. Depuis ce temps-là, ce dessein s’est toujours fortifié en moi, et si je ne l’ai pas exécuté, c’est uniquement parce que vous étiez trop jeune encore, et que ma présence vous était nécessaire pour vous apprendre à aimer Dieu et à le bien servir. Mais aujourd'hui, au moment de me séparer de vous, je n’ai pas voulu le faire sans vous le dire et vous prier de le trouver bon. Je pouvais vous quitter sans bruit et à votre insu, car il y va de mon salut. Or, quand il est question de se sauver, il n’en faut demander congé à personne. Mais parce que je n'ai pas voulu vous attrister, et que vous eussiez été trop étonné de vous voir tout d’un coup sans père et sans mère, je vous ai pris aujourd’hui en particulier pour vous avertir et vous demander votre consentement. Dieu le veut, mon fils; si nous l’aimons, nous devons le vouloir aussi. C'est à lui à commander, et à nous d’obéir., Si cette séparation vous afflige, considérez combien il est honorable et glorieux pour moi d’avoir été choisie pour le servir, et quelle consolation ce sera pour vous de savoir que je le prie pour vous jour et nuit. Cela étant, voulez-vous, mon fils, que