DEUXIÈME PARTIE — CHAPITRE II
d'en avoir reçu la permission; elle lui en fait de doux reproches, l'appelant un saint et agréable ravisseur, qui, par ses doux larcins, lui vole et enlève son cœur, qui est d’ailleurs très aise de se voir ainsi ravi ». Il y a alors, entre l'Époux divin et son épouse, un tel échange de douces et ardentes paroles, qu'il est impossible de les répéter, tant elles sont vives et pressantes. Et « le tout demeure entre le Bien- Aimé et l’âme, comme un secret cacheté du même amour ». Mais ce qui suit est remarquable, « Ces faveurs, dit-elle, donnent un peu de trêve aux croix et aux souffrances de l'épouse. Elle trouve en elles un peu de rafraichissement et de nouvelles forces pour souffrir encore. Car elle est assurée que les croix l’attendent partout, et que c’est en cela qu’elle peut témoigner qu’elle aime Dieu!. »
Ce touchant récit nous rappelle une autre faveur précieuse qui lui avait été accordée quelques années auparavant , et que le lecteur n'aura sans doute pas oubliée. Notre- Seigneur lui avait enlevé son cœur pour l’enchâsser dans le sien, et elle avait entendu en même temps une voix qui lui disait : « C’est ainsi que se fait l’union des cœurs. » Nous pouvons donc dire que la faveur dont elle fut favorisée pendant son noviciat, et qu’elle vient de décrire, fut comme une simple continuation de la première. Mais nous devons ajouter qu’elle fut le prélude de nouvelles et sublimes contemplations, dont nous trouvons le
1 Dom Claude Martin, Ile partie, ch. 11, addition, p. 193. 1: — 47
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récit dans ses deux relations‘, Nous allons les rap-
porter ici. t « Le jour de la fête de l’Ange gardien, me trou- d vant dans notre cellule, il me vint en pensée que P nos cellules étaient comme des cieux, ainsi que le : dit saint Bernard, et que les anges y font leur habi- di tation. J'étais absorbée par cette pensée, lorsque je E me sentis fortement attirée par le Maître des anges. su
Il m’unissait à lui d’une manière admirable. On eût dit qu’il voulait me disposer à recevoir quelque grâce éminente, et qu’il m'y préparait comme l’on prépare Pr
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