‹ Histoire de la Vénérable mère Marie de l'Incarnation [microforme] (volume 2)Chapitre 36 sur 57 · LES TER · texte numérisé non relu

LES TER

Faut-il donc que le feu nous suive ainsi partout ! Pleurons, pleurons, mes chers compatriotes, oui, pleurons nos misères, qui de particulières sont devenues communes avec ces iInnocentes vierges.

“ Saintes Filles, vous voilà donc réduites à la même misère que vos pauvres Hurons, pour qui vous avez eu des com” passions si tendres. Vous voilà sans patrie, sans maïlson, sans provisions et sans secours, sinon du ciel, que jamais vous ne perdez de vue.

‘ Nous sommes venus ici dans le dessein de vous consoler, et avant d’y venir,

nous sommes entrés dans vos cœurs,

pour y reconnaître ce qui pourrait davantage les affliger depuis votre incendie, afin d'y apporter quelque remède. Si nous avions affaire à des personnes semblables à nous, la coutume de notre pays serait de vous faire un présent pour essuyer vos larmes, et un second pour affermir votre courage ; mais nous avons bien vu que votre courage n’a pas été abattu sous les ruines de cette mai-

semmotre ésent cond

nous

a pas mai-

son ; pas un de nous n’a vu même dans vos yeux une seule larme pour pleurer sur vous-mêmes à la vue de cette infortune. Vos cœurs ne s’attristent pas dans la perte des biens de la terre ; ils sont trop élevés dans les désirs des biens du ciel !

“ Nous ne craignons qu'une chose, saintes Filles, et ce serait un malheur pour nous ; nous redoutons que la nouvelle de l'accident qui vous est arrivé, portée en France, ne soit sensible à vos parents plus qu'à vous-mêmes ; nous craignons qu'ils ne vous rappellent, et que vous soyez attendries de leurs larmes. Comment une mère pourraitelle lire sans pleurer les lettres qui lui feront savoir que sa fille est restée sans vêtements, sans lit, sans vivres, et sans aucune des douceurs dans lesquelles vous avez ét5 élevées dès votre jeunesse ? La première pensée que la nature inspirera à ces mères désolées, ce sera de vous rappeler auprès d'elles pour se consoler elles-mêmes en procurant votre

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