‹ Histoire de la Vénérable mère Marie de l'Incarnation [microforme] (volume 2)Chapitre 8 sur 57 · La chapelle de N.-D. de Recouvrance, bâtie par · texte numérisé non relu

La chapelle de N.-D. de Recouvrance, bâtie par

* Champlain en 1633, fut incendiée le 15 juin 1640. Elle

s'élevait à peu près sur l’emplacement de la cathédrale anglicane actuelle.

Neigneur, qui avait enfin mis le comble à tous ses désirs.

Jouissez de votre bonheur, à vénérable Mère ! car vous voilà parvenue, après tant de soupirs, au sein de votre nouvelle patrie ! Vous voilà en possession de cette terre que le ciel vous a donnée en partage, et qu'il vous a montrée en songe, comme autrefois la terre de Chanaan au patriarche Jacob. Vous l’arroserez de vos sueurs, vous la fertiliserez de vos travaux. Vous y sèmerez dans les larmes ; mais aussi vous y moissonnerez dans la joie. Car vos enfants y croîtront et s’y multiplieront comme les étoiles du firmament ! Et quand, pleine de jours et de mérites, vous irez recueillir votre couronne immortelle, c'est d'ici que votre âme s’envolera au sein de la gloire !

Après la célébration des divins mystères, le cortège reprit sa marche vers ie château Saint-Louis, où tout ce qu'il y avait alors de plus distingué dans la colonie vint complimenter nos héroïnes et leur offrir le témoignage de leur recon-

mble

rable près velle n de ‘e en nge, n au > VOS tranes ; is la

S'y firs et otre ptre

naissance. Le gouverneur les invita ensuite à prendre le déjeüuner à sa table, en compagnie des principaux citoyens.

Enfin il voulut lui-même conduire chacune des deux communautés à l’habitation qui lui avait été destinée. Toute la journée se passa en réjouissances publiques, les magasins furent fermés et tous les travaux suspendus, comme en un jour de fête.

Les Hospitalières furent logées dans une maison voisine du fort Saint-Louis, appartenant à la compagnie des Cent- Associés. Les Ursulines occupèrent une petite maison située sur le rivage de la Basse-Ville, ! au pied du sentier de la montagne, non loin du lieu où fut élevée plus tard l’église de Notre-Damedes- Victoires.

Le lendemain, les Jésuites les emmenèrent visiter leur mission sauvage de Sillery, fondée deux ans auparavant (1637) par le commandeur de Sillery, en

1. Elle était bâtie sur un quai, à l’endroit qu’occupe aujourd'hui l’Hôtel-Blanchard.

faveur des familles montagnaises et algonquines converties à la foi. ?

Cette première entrevue fut une scène d'attendrissement indicible. Ne pouvant contenir leur joie en apercevant les petites sauvagesses qui allaient devenir leurs enfants, la Mère de l’Incarnation, madame de la Peltrie et leurs compagnes se jettent à leur cou, les embrassent avec effusion, les arrosent de leurs larmes, les couvrent de baisers. Elles les prennent sur leurs genoux, les contemplent avec amour. Elles parcourent toute la bourgade, entrent dans chacune des

2. M. Noël Brûlart de Sillery, commandeur de l’ordre de Malte, était membre d’une famille puissante à la cour de France. Successivement ambassadeur à Madrid et à Rome, il y déploya une haute habileté, ct fut nommé ministre d’état par Marie de Médicis. Mais dégoûté des honneurs du monde, il renonça à toutes ses dignités, se consacra à Dieu et fut ordonné prêtre en 1634. Comme il était membre de la compagnie de la Nouvelle-France, il voulut contribuer à la conversion des Sauvages, et fit construire, à une lieue et tiers au-dessus de Québec, la bourgade qui porta depuis le nom de Saint-Joseph de Sillery. Elle consistait en une chapelle, une résidence pour les missionnaires, un hôpital, un fort et plusieurs maisons pour les néophytes. Cet illustre bienfaiteur du Canada mourut en odeur de sainteté en 1640. Son éloge funèbre fut prononcé par saint Vincent de Paul.

3 et

cène vant enir ion, nes sent larles em- Dute des

ordre

sn On

cabanes et ne peuvent rassasier leurs yeux de la vue des bons sauvages, qui les regardent tout stupéfaits d’étonnement et d'admiration. Ceux-ci ne peuvent comprendre le dévouement de ces vierges d'outre-mer, ‘ qui n'ont point d'hommes, ” disent-ils, et qui aiment tant leurs âmes. Cet attachement spontané, cette tendresse soudaine pour des familles qu’elles voient pour la première fois, leur est encore un mystère. D'abord ils les suivent avec cette réserve caractéristique de leurs nations, puis ils s’attachent à leurs pas, entrainés par un charme irrésistible. On arrive ainsi à la petite chapelle où tous les sauvages entonnent dans leur langue un cantique de louanges et d'actions de grâces.

L'émotion ne connaît plus de bornes, et toutes les religieuses, prosternées dans la sainte chapelle, baignent le parvis de leurs larmes. Pour couronner cette touchante cérémonie, madame de la Peltrie est invitée à servir de marraine à quelques nouveaux catéchumènes, qui sont

can

one ciionsesénmisnsnnae

ne Qué mé

es ons

ten are me

sonic aan

sr 5188 L

a no oh mi D mr “à

le.

ue

baptisés par les missionnaires récemment arrivés.

‘“ Ces visites passées, disent les Relations des Jésuites, les Hospitalières et les Ursuliñes se séparèrent après s'être embrassées mutuellement. On dressa des autels dans leurs maisons pour y dire la sainte messe, et ces bonnes religieuses se renfermèrent dans leur clôture pour commencer les exercices de leurs instituts respectifs. ” !

Page 1