‹ Histoire de la Vénérable mère Marie de l'Incarnation [microforme] (volume 2)Chapitre 7 sur 57 · ISSUE · texte numérisé non relu

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Enfin, le 15 juillet, après trois mois de cette longue et pénible navigation, le Saint-Joseph jeta l'ancre dans le port de Tadoussac, où tous les vaisseaux venant d'outre-mer faisaient alors station.

De là, nos chères voyageuses remontèrent le fleuve dans une légère embarcation. Le dernier jour de juillet, elles côtoyaient l'ile d'Orléans, et mettaient pied à terre, au soleil couchant, à l’extrémité supérieure de l’île.

“ Nous conçûmes quelque espérance

d'arriver à Québec, mais la marée se trouvant contraire, et le vent n'étant pas assez favorable, il fallut attendre au lendemain ; et comme l'endroit était beau et le débarquement facile, on nous mit à terre. Mais comme pour lors ce leu n'était point habité, l’on y fit trois cabanes à la façon des sauvages ; les religieuses se mirent dans l’une, les religieux dans l’autre, et les matelots dans la troisième. Nous avions une joie qui ne se peut exprimer de nous voir dans ces grands bois, que nous fimes retentir de nos cantiques. ” !

Le petit navire de madame de la Peltrie, qui les avait devancées de quelques jours, avait déjà apporté à Québec la nouvelle de leur arrivée, et répandu l’allégresse dans toute la ville.

La population était dans cette joyeuse attente, lorsque, dans la soirée du 31 juillet, on apprit qu’elles étaient campées au bout de l’île d'Orléans. M. le Cheva-

Histoire de l’Hôtel-Dieu de Québec.

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lier de Montmagny, alors gouverneur de la Nouvelle-France, assembla aussitôt son conseil et résolut de leur faire une réception digne de sa piété, de la grande œuvre qu'elles venaient inaugurer, et de la reconnaissance de la colonie. Il fut décidé qu'elles n'entreraient dans le port que le lendemain matin. M. de Montmagny expédia immédiatement sa chaloupe, remplie de rafraichissements, et toute pavoisée pour les ramener en triomphe. Dès la pointe du jour, toute la population était sur pied, les yeux tourné. vers l'ile d'Orléans, d’où l'on voyait se détacher les légères embarcations, qui portaient les hôtes tant désirés.

M. de Montmagny, accompagné de toute la garnison et suivi de la ville entière, descendit au rivage pour les recevoir.

Tous les canons du fort Saint-Louis les saluèrent par une joyeuse salve au moment où elles touchèrent le port. En mettant pied à terre la Mère de l'Incarnation et toutes ses compagnes se prosternèrent avec un pieux respect, et

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embrassèrent avec enthousiasme cette terre, objet de tant de vœux. |

Après les premières félicitations, le cortège prit le chemin de la Haute-Ville, aux acclamations de la foule, ivre de joie, et se rendit en procession à l’église de Notre-Dame de Recouvrance, où un Te Deum solennel fut chanté au bruit réitéré des salves d'artillerie. ! La chapelle rustique, ornée de feuillage et de guirlandes de verdure, resplendissait comme aux plus beaux jours de fête. La sainte messe fut célébrée avec toute la pompe que permettait cette Eglise naissante, et toutes les religieuses communièrent en actions de grâces de leur heureuse arrivée.

Agenouillée près de la balustrade, au milieu de ses sœurs, la Mère de l’Incarnation demeura longtemps plongée dans un saint ravissement, répandant son âme en cantiques d’allégresse aux pieds du

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