‹ Histoire de la Vénérable mère Marie de l'Incarnation [microforme] (volume 3)Chapitre 19 sur 31 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

Mariage—Epreuves—Commurications avec Dieu.

Lorsque la jeune Marie eut atteint l’âge de dix-sept ans, ses parents lui proposèrent d'entrer dans l’état du mariage, et de s'unir à un jeune homme, d'un heureux avenir, qui lui offrait sa main. À cette proposition, la sainte enfant demeura interdite ; car elle éprouvait une répugnanceextrême à embrasser une Carrière dont les sollicitudes étaient si opposées à la vie de recueillement et de prière après laquelle ellesoupirait depuis si longtemps. Néanmoins, par suite d’une crainte respectueuse qu'elle avait toujours eue pour son père et sa mère, elle n’osa pas élever la voix ni contrarier leur volonté ; elle crut d’ailleurs y voir un ordre de Dieu, manifesté par la bouche de ses parents, auquel elle se serait fait un scrupule de résister.

‘© Ma mère, dit-elle en apprenant ce dessein, puisque c’est une résolution

prise et que mon père le veut absolument, je me crois obligée d’obéir à sa volonté et à la vôtre ; mais si Dieu me fait la grâce de me donner un fils, je lui promets dès à présent de le consacrer à son service ; et si ensuite il me rend la liberté que je vais perdre, je lui promets de m’y consacrer moi-même.”

Ces paroles étaient une véritable prophétie, comme la suite de cette histoire le fera voir.

Après avoir vu ainsi s'évanouir tout espoir de sacrifier sa vie en holocauste au Seigneur, elle ne songea plus qu’à obéir à la voix de Dieu, et à recevoir dans les dispositions les plus saintes le sacrement qui allait lui ravir la liberté, et dont les chaînes devaient peser si lourdement sur elle. La Providence l’appelait à servir encore de modèle dans la réception de ce sacrement trop souvent, hélas ! indignement profané.

Elle comprenait toute l'importance qu'il y a d'éclairer des rayons de la grâce, cette voie semée de si dangereux préci-

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