‹ Histoire de la Vénérable mère Marie de l'Incarnation [microforme] (volume 3)Chapitre 28 sur 31 · CHAPITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME

Ravissement sur le mystère de la Sainte Trinité— L'alliance mystique.

C'est maintenant que le ciel va s’ouvrir, et que l’amante du Christ, s'élevant sur les ailes du sacrifice et de l’amour, va s’élancer à des hauteurs infinies, plonger dans des profondeurs insondables, et pénétrer jusque dans les arcanes de l'éternité, d’où elle va nous rapporter des merveilles que l'œil de l’homme n'a jamais vues, et que son oreille n’a jamais entendues. Elle-même avoue que les paroles lui manquent pour en donner une idée ; et qu'elle ne peut que balbutier ce qui est inexprimable dans le langage humain. ‘“ Car, ditelle, cette vision n'était rien de ce qui tombe sous les sens ni sous la parole ; c'était une impression sans forme et sans figure, une chose si spirituelle qu’il n’y a point de diction qui en approche. Ce n’était pas une lumière, car la lumière,

toute spirituelle qu'elle est, tient encore quelque chose de la matière, et peut tomber sous les sens, c’est-à-dire sous la parole. Cette impression était plus claire et plus intelligible que toute lumière ; en un mot, c'était une chose qui venait de Dieu même ; elle portait, dans son impression, la grandeur de la Majesté divine et se montrait à l'âme avec une netteté et une pureté indicibles, par un regard fixe, épuré et libre de toute ignorance, sans interruption, sans succession, instantanément et d’une manière ineffable. ”

Pendant les cinq heures que dura ce ravissement, elle contempla les impénétrables mystères de l’adorable Trinité.

Son regard, miraculeusement affermi, aperçut, au milieu de l'empyrée, le point lumineux au fond duquel brille, d'une clarté insoutenable à l'œil, le mystérieux triangle aux côtés éternellement égaux, le triple cercle, égal en mesure, divers en couleur, dont les éternelles irradiations éblouissent les bienheureux : lu

splendeur du premier se réfléchissant sur

le second, et le troisième ressemblant à

une vapeur émanant des deux autres. !

Nella profonda e chiara sussistenza

Dell’ alto lume parvemi tre giri Di tre coloori, e d’una continenza :

E l'un dal!’ altro, come Iri da Ir:, Parea reflesso : e’1 terz0 parea fuoco, Che quinci e quindi igualmente si spiri.

Le Dante, Paradis XXXIITI. 39-40.

Ainsi lui fut montré ‘“ le divin commerce du Père avec le Fils, et du Père et du Fils avec le Saint-Esprit par leur embrassement ‘réciproque et leur mutuel amour.” Les sublimes harmonies des neuf chœurs célestes et leurs rapports avec la divinité lui furent er même temps révélés ; elle vit la communication de la Divine Majesté avec la suprême hiérarchie des Anges, auxquels cette Trinité sainte sigoifie sa divine volonté immédiatement par elle-même, et sans l’interposition d'aucun esprit créé. Elleentrevit les rapportsqui existententre chacune des

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