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0 ee est-elle, à la fois, pour nous, une œuvre de reconnaissance, et un faible moriument élevé à ia mémoire de la VÉNÉRA- BLE MÈRE MARIE DE L’'INCARNATION.
Mais avant d'entreprendre d'écrire sa vie, nous croyons nécessaire de tracer une rapide esquisse du temps où elle a vécu, afin de mieux faire ressortir la grandeur de ce caractère qui nous apparaît entouré de tant d’héroïsme, même au milieu de cette pléiade d’âmes fortes qui ont valu à cette époque la gloire d’être reconnue comme les temps héroiques de la Nouvelle-France.
D'ailleurs 1a vie de la Mère de l’Incarnation est tellement liée à l’histoire des premiers temps de la colonie, qu’on ne saurait l’envisager d’une manière complète, sans avoir présents à l'esprit au moins les événements les plus importants de cette partie de notre histoire.
Notre intenvention n’est pas cependant de faire connaître toute l’histoire religieuse de cette époque ; mais seulement d’en tracer les principaux linéa-
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ments, et de détacher de cet ensemble les traits les plus saillants.
Avant la découverte du Nouveau Monde, les peuples de l'Amérique étaient dans l'attente d’envoyés qui devaient venir de l'Orient. Les enfants du soleil viendront de l'aurore, — annonçaient d'anciennes prophéties, — les sacrifices humains seront abolis, et les peuples régénérés. Cette espérance, dernier lambeau de la révélation, s’est retrouvée chez toutes les nations de l’univers ; car les ténèbres de l’idolâtrie, amoncelées sur la tête des sociétés, ne purent jamais intercepter entièrement toute lumière venue d’en haut. Chaque peuple, plié sous le joug de l'erreur, est venu à son tour, secouer ses chaînes devant l'autel invisible du Dieu inconnu, et faire éclater le cri de la délivrance. À mesure que l’heure approche, on voit ces lueurs d'espérance se multiplier et s’accroître :
ce sont les premiers rayons de l’aube qui précède le grand jour de la Vérité.