‹ Histoire de la Vénérable mère Marie de l'Incarnation [microforme] (volume 4)Chapitre 22 sur 49 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

Les disciples de la Mère de l’Incarnation.

Sous une telle direction, il n’est pas étonnant que les élèves de la Mère de l’'Incarnation fissent des progrès très rapides dans les voies de la sainteté.

Parmi ses nombreuses disciples, il en est cependant quelques-unes qui s’atta

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chèrent plus spécialement à ses pas, et qui la suivirent de plus près dans les sentiers du ciel. Gravissant à sa suite les derniers sommets de la perfection, elles devinrent les modèles les plus illustres de l’ordre des Ursulines, en même temps que la gloire impérissablc de notre Mère, et les plus riches diamants de sa couronne.

L'histoire a conservé entre autres le nom de la Mère Marie de la Nativité, ange de bénédiction, prévenue, dès le berceau, de toutes les grâces de la nature et du ciel ; —à sept ans, faisant le vœu de virginité au pied de l’autel de Marie, où elle passe, le même jour, sept heures consécutives en prière ;—à douze ans, déjà maîtresse des cœurs, et seul capable de calmer les noires fureurs de son père, autre Naül, que d’atroces douleurs jettent dans des accès de frénésie ; — trouvant toutes ses délices à sacrifier ses joies enfantines pour converser à l’écar avec son céleste Epoux.

Surprise un jour dans ce précieux col-

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loque par ses compagnes, qui la croyaient éprise d’un amour terrestre, elle leur répond, l'œil au ciel, l’extase au cœur, comme son angélique patronne, la douce martyre Agnès : “ Mon fiancé est d’une grâce et d'une beauté parfaite ; il est riche, noble, puissant et incomparable en toutes perfections. Déjà il s’est assuré de mon cœur ; à lui seul je me confie, à lui seul je garde ma foi. Son amour, à lui, est chaste : ses caresses sont pures ; et sa fiancée ne dépose jamais sa couronne virginale. Il a placé un signe sur mon front, pour que je ne reconnaisse pas d’autre fiancé que lui. Il m’a parée de magnifiques joyaux ; il a entouré de pierres précieuses et mon bras et mon cou, il a suspendu à mes oreilles des perles d’une beauté inestimable, et il a retenu ma foi en me mettant au doigt l’anneau des fiançailles. J'ai aspiré le lait et le miel de ses lèvres ; et la pourpre de son sang a coloré mes joues. Déjà il fait retentir à mes oreilles ses harmonieux accords, ét ce que j'ai si longtemps

désiré, je le vois ; ce que j'ai si ardemment espéré, je le tiens ; je me sens déjà unie à celui que j'ai aimé de toute la dévotion de mon cœur. ”!

En effet, cet ange ne tarda pas à prendre son vol vers les hauteurs sereines du cloître. Descendante des seigneurs de Béruries, l’une des familles les plus puissantes de la Touraine, elle eût pu aspirer à de nobles alliances ; mais ce cœur prédestiné ne soupirait qu'après les joies éternelles, et foulait aux pieds le monde, ses miroitantes illusions, sa fascination, ses triomphes éphémères et ses décevantes ivresses. |

Sous le voile des vierges, Dieu lui avait préparé un guide digne de sa piété. La Mère de l’Incarnation lui tend la main et l’initie aux mystères de l'amour divin. Bientôt elle devient l’imitatrice si parfaite de ses vertus et de son zèle apostolique, que lorsqu'il s'agira de choisir une compagne à sa

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