‹ Histoire de la Vénérable mère Marie de l'Incarnation [microforme] (volume 4)Chapitre 23 sur 49 · Office de sainte Agnès. — Voir aussi Dom Claude Martin · texte numérisé non relu

Office de sainte Agnès. — Voir aussi Dom Claude Martin

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maitresse, au moment de son départ pour exécuter les grands desseins de Dieu dans la Nouvelle-France, tout le monde jettera les yeux sur elle.

Mais la Providence avait des vues différentes ; elle la destinait à répandre la ferveur et l’amour de la vie parfaite dans les divers monastères de son ordre.

Après avoir été maîtresse des novices aux Ursulines de Loches, elle fut élue supérieure à Tours, puis à Amboise et à Montrichard, d’où elle revint occuper de nouvelles charges au monastère de Tours. ‘“ Son union avec Dieu était si parfaite, dit un historien de sa vie, que les objets de la nature, loin de l'en distraire, ne faisaient que la rendre plus intime. La beauté d’une fleur, le vol des oiseaux, le tremblement d’une feuille et mille autres petites choses à quoi on ne pense presque jamais, lui causaïent des transports d'amour incroyables. En regardant le vol d’un oiseau, elle disait à ses compagnes : N’admirez-vous' pas comme cet oiseau ne met le pied à terre

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que pour prendre eñ passant les nécessités de la vie, et s'élève aussitôt dans son élément ? Ne vous semble-t-il pas que ces petits habitants de l'air nous convient à voler au ciel et à ne toucher la terre que d’s extrémités du pied ? ”

Nix mois avant sa mort, elle prédit sa fin prochaine à son amie intime la Mère Angélique de la Conception, et s’endormit dans les bras de Celui qui avait ravi son cœur.

Nous venons de nommer la Mère Angélique de la Conception, son émule en sainteté. Disciple comme elle de la Mère de l’Incurnation, comme elle aussi elle doit revivre dans nos éloges.

Issue d’une des plus illustres maisons de France, Isabelle de la Baume le Blanc de la Vallière passa presque immédiatement des bras de sa mère dans les bras du Seigneur. Ses parents remarquèrent en elle une vertu si précoce, qu'ils la confièrent, tout enfant, aux Ursulines de Tours, où elle fut élevée sur les genoux mêmes de la Mère de

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l’Incarnation. Dès le premier coup d'œil, cette sainte femme avait deviné dans ce cœur un vase d'élection déjà tout chargé d’une luxuriante floraison, qui promettait les plus beaux fruits, et depuis ce jour elle avait aimé son âme de la plus pure affection.

À peine âgée de douze ou treize ans, la jeune enfant avait sollicité, avec de si vives instances, le voile des novices, que la supérieure consentit enfin à la revêtir du saint habit. Les bonnes mères souriaient d’aise et s’extasiaient en voyant, sous son gracieux costume, cette petite religieuse en miniature. Elle reçut, le jour de sa vêture, le nom d’Angélique de la Conception, qui convenait parfaitement à sou innocence et à ses charmes intérieurs et même extérieurs, car elle était d’une beauté si ravissante que ses compagnes disaient tout bas que les anges accouraient sur son passage ef soulevaient son voile pour contempier sur sa figure le plus splendide reflet de leur Créateur. “ Elle ressemblait, ajoute

son naïf historien, à ces belles images de la Sainte Vierge qu’on voit dépeintes dans les tableaux. ” !

Mais la jeune novice avait un souverain mépris pour ces grâces éphémères, causes de tant de malheurs et de chutes, et dont elle devait bientôt voir un éclatant et douloureux exemple au sein même de sa famille. ? Sachant que l’Epoux céleste se complaît uniquement dans la beauté de l’âme, elle résolut de détruire d'un seul coup cette parure fugitive qui pouvait la perdre. Elle se frotta le visage avec des linges brülants, et parvint ainsi à ternir le lustre éblouissant de son teint.

Un seul trait fera voir jusqu’à quel point elle suivit de près dans la vertu son illustre modèle. Par esprit de pauvreté, jamais elle ne voulut avoir, dans sa chambre, ni horloge, ni montre, pour régler les heures de ses exercices de piété ; et l’opulente héritière de la noble

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