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Histoire de la Vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme]

PREMIÈRE SUPÉRIEURE DES URSELINES DE LA NOUVEULE-F RANCE PRÉCÉDÉE D’UNE ESQUISSE SUR L'HISTOIRE RELIGIEUSE DES PREMIERS TEMPS DE CETTE COLONIE

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C0. BEAUCHEMIN & FILS, LiRRAIRES-INPRIMEURS 256 et 258, rue Saint-Paul

Enregistré, conformément à l'acte du parlement du Canada,en l'année 1875, par l'abbé Herr RaAyMoND CASGRAIN, au bureau

du ministre de l’agriculture.

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Ilexiste au monastère des Ursulines de Québec, un petit tableau qui rappelle une touchante tradition des premiers temps du Canada: c’est une peinture faite par un artiste canadien, d’après d'anciens croquis conservés depuis longues années au monastère, Le sujet, du reste, en est bien connu; car un grand nombre d'élèves des Ursulines en ont crayonné des miniatures, que nous retrouvons aujourd’hui suspendues dans leurs salons en souvenir de leur vie de couvent.

La toile représente l’antique forêt qui couronnait le promontoire de Québec à la naissance de la colonie. Au centre du tableau s'élève, à travers les érables et les grands pins, le premier monastère fondé, en 1641, par Madame de La Peltrie. * Sur l'avant-scène se

* Le monastère des Ursulines fut incendié le 31 décembre 1650, rebâti l’année suivante, incendié de nouveau en 1686, et reconstruit peu de temps après.

dessine, en perspective, la maison que cette fondatrice fit bâtir, pour son propre usage, trois années plus tard. L'espace compris entre ces deux édifices est occupé par un champ défriché entouré d'une palissade, * où l’on voit paître un troupeau de brebis. A gauche du tableau, une large issue perce la forêt: c’est la Grande-Allée, devenue, depuis, la rue Saint-Louis, qui conduisait alors au village de Sillery. Deux cavaliers, vêtus à la Louis XIV, se rencontrent sur cette voie: l’un est M. d’Ailleboust, gouverneur de la colonie, et l’autre M. Du Plessis Bochart, gouverneur des Trois- Rivières. Ils sont interrompus au milieu de leur conversation par un chef sauvage qui leur présente une peau de castor.

A quelques pas de son habitation, Madame de La Peltrie se tient debout auprès d’un autre chef sauvage, qui l'écoute, la tête inclinée, dans l'attitude du plus profond respect, pendant que, d’un air plein de noblesse et d'autorité, elle l’instruit des saintes vérités de la foi. Cette scène contraste admirablement avec une autre quise passe à deux pas de là: c’est un guerrier sauvage qui, d’un air dédaigneux et impératif, donne des ordres à une sauvagesse qui paraît être sa femme, mais qu’à son attitude soumise et humiliée, on prendrait plutôt pour une esclave. A elles seules, ces deux scènes formeraient un tableau.

* Cette palissade fut élevée en 1659, lorsque Mgr de Laval vint habiter la maison de Madame de La Peltrie.

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