‹ Histoire de la Vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 25 sur 106 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

Elle reçoit l'intelligence des saintes Ecritures — Croix effrayantes — Les possédées de Loudun.

Vers le temps que la Mère de l’'Incarnation reçut l'habit de novice, une source inconnue de !umière jaillit en elle, et lui donna l'intelligence des saintes Écritures, accompagnée d’une suavité infinie, qui lui faisait goûter cette nourriture comme une manne céleste. Cette grâce fut une des plus précieuses de toute sa vie, car elle en conserva la jouissance jusqu’à sa mort.

Quoiqu'elle n’eût jamais étudié la langue latine, elle comprenait parfaitement le sens de tous les versets de l’Écriture, sans le secours d'aucune traduction française. C’était surtout pendant l’oraison que Notre-Seigneur ouvrait ainsi son esprit, et lui découvrait les trésors cachés dans les saintes lettres. Dès qu’un texte se présentait à sa mémoire, le sens lui en était aussitôt révélé, et faisait en même temps surgir dans son esprit, une foule d’autres passages qui se dé-

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roulaient et s'enchaînaient les uns aux autres, avec une telle facilité et une lucidité telle qu'il lui semblait n'avoir qu'à écouter en silence la voix du souverain Maître qui prêchait dans son âme.

Souvent aussi, pendant les offices du chœur, l’inspiration enlevait son esprit avec tant de violence, que, si elle n'avait trouvé dans le chant un épanchement à son enthousiasme, elle eût éelaté en eris de transports et d’allégresse. ‘ Mes sons, dit-elle, étaient tellement touchés que j'avais de puissants mouvements de battre des mains, et de provoquer tout le monde à chanter les louanges d’un Dieu si gre md et si digne, que tous 86 dünsument pour son amour et pour son service, de me sentais portée, à limitation de l'épouse des Cantiques, à chanter un Eructavit pour annoncer les grandeurs et les prérogatives de mon Époux, dont les paroles m'étaient esprit et vie. Je voyais dans la psalmodie, ses justices, ses jugements, s63 grandeurs, ses amours, son équité, ses beautés, ses magnificences, ses libéralités ; enfin, j'éprouvais qu’il avait, au sens de l'Église son épouse, des mains d'or, arrondies au tour, toutes pleines d'hyacinthes, et propres à faire découler leur plénitude sur les âmes,

“C'était une suite de sentiments qui ne fimissaient pas ; tellement qu’une fois, dans un de ces transports que me causait la psalmodie, je dis au verset Laudate Dominum de cæœlis, ete, du français au lieu du latin, en louant en moi-même la personne sacrée du Verbe, par qui toutes choses ont été faites.

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