‹ Histoire de la Vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 63 sur 106 · PS · texte numérisé non relu

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travail ; notre dortoir était toujours bien fermé. La nuit, on leur laissait les passages d’en bas et les offices ouverts, pour faire la ronde et la visite.

‘* Je vous avoue que, pendant tout ce temps, je n'ai eu aucune crainte, ni dans l'esprit, ni à l'extérieur. Mais j'étais extrêmement fatiguée; car je n’ai guère dormi un instant durant toutes ces alarrnes. Encore que je fusse enfermée dans notre dortoir, mon oreille néanmoins faisait le guet + ute ia nuit, afin de n'être pas surprise, et d’être toujours prête à donner à nos soldats les munitions nécessaires en cas d'attaque. Nous avions vingt-quatre hommes qu'il fallait fournir d’approvisionnements de guerre et de vivres. Ils étaient divisés en trois corps de garde, et faisaient la ronde toute la nuit par des ponts de communication qui allaient partout.

Québec fut en cet état de surexcitation et d'angoisse pendant cinq semaines entières ; personne ne pouvait prendre de repos, ni le jour ni la nuit.

Enfin on commençait à se rassurer, lorsque le 8 juin, un cri d’effroi retentit : les Iroquois sont aux portes de la ville! ‘ En moins d’une demi-heure, continue la Mère de 1’Incarnation, chacun fut à son poste et en état de se défendre. Toutes nos portes furent de nou-

‘ veau barricadées; et je munis tous nos soldats de ce

qui leur était nécessaire. Les Français étaient si pleins de courage qu'ils souhaitaient que l’alarme fût vérita-

ble ; je dis les hommes, car les femmes étaient tout à fait effrayées.

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