‹ Histoire de la Vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 67 sur 106 · CHAPITRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIÈME

Maladie de la Mère de l’Incarnation — Mort de Madame de La Peltrie.

L'avènement de la vie sociale, régulière et prospère, au Canada, semble marquer le terme de la mission apostolique de la Mère de l’Incarnation. Suscitée de

Dieu parmi une pléïade de grands caractères pour protéger le berceau et guider les premiers pas de ce peuple naissant, son œuvre est terminée dès que, échappé de ses langes, il peut s’élancer seul dans la vie. Ce fut, en effet, l’année même de cette transformation décisive (1664), qu’elle ressentit les premières atteintes du mal qui devait mettre un terme à la longue mort de son existence terrestre, * et la réunir pour jamais à son céleste Époux. Exténuée de macérations, de traveux et de veilles, elle fut attaquée d’une fièvre continue, accompagnée d’un épanchement de bile et de co-

* Dom Claude Martin.— M. de Montalembert.

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ligues violentes, qui ne lui laissèrent de repos ni le jour ni la nuit. La maladie, agissant sur cette nature épuisée, fit des progrès effrayants; mais la Mère de l'Incarnation, loin de partager les alarmes de ses sœurs, accueillit avec transport cette messagère de l'éternité qui lui prophétisait sa dissolution prochaine En quelques jours, elle fut réduite à l’extrémité et reçut les derniers sacrements, au milieu des tétiés et des gémissements de sa famille monastique, agenouillée autour de son lit de douleur. A la première annonce de sa maladie, la ville entière fut dans le deuil Chaque famille désolée semblait menacée de pitilié une mère ; un concert de prières s'éleva, jour et nuit du monastère des Ursulines et de toute la ville en. faire violence au ciel, et l’arracher des bras dela sa Dion se laissa toucher par tant d’instantes suiphllose tions, et consentit à prolonger son pèlerinage terrestre ; mais à dater de ce jour, son existence ne fut Lu qu’une longue agonie. ci Peu de temps après cette première attaque, elle fit une rechute qui se déclara avec les spiénas le plus alarmants, et signala des lésions organiques Elle éprouva des vomissements continuels, un grand dé 1 de côté et une colique néphritique, compliquée ps contraction de tout le système nerveux. Dans cet ét : d’excessives souffrances, ‘ j’eusse jeté les hauts : dit-elle, si Dieu ne m'’eût soutenue. Mais ares toute cette longue maladie, par la miséricorde du Bel gneur, je n’ai ressenti aucun mouvement d'impatience.

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