‹ Histoire de la Vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 70 sur 106 · EXTRAITS DU CATECHISME · texte numérisé non relu

EXTRAITS DU CATECHISME

Afin de mieux faire connaitre les écrits de la Vénérable Mère Marie de l’Incarnation, cités par fragments dans cette histoire, nous croyons devoir reproduire en entier, dans cét Appendice, les explications du Symbole des Apôtres et de l’Oraison dominical qui font partie de son Catéchisme où Explication familière de la Doctrine chrétienne. Ceux qui ont lu la vie de cette admirable religieuse, déclarée VÉNÉRABLE le 20 septembre 1877, par décret de l’iliustre Pontife Pie IX, savent qu’elle fut comblée de grâces extraordinaires durant tout le cours de sa carrière, à partir même de sa première enfance. Durant son noviciat, après une vision du mystère de la sainte Trinité, elle reçut, comme par infusion, l’intelligence des saintes Ecritures et de la langue latine.

Ce prodige a paru tellement incontestable aux avocats de la cause de béatification, que l’un d’eux n’a pas craint de l’exposer dans les termes + ivants à la S. Congrégation des Rites: “ La servante de Dieu ne pénétrait pas seulement le sens saché des saintes Ecritures, don qui lui fut accordé d’une manière permavente durant tout le cours de sa vie, maïs, sans le secours d'aucune version et sans interprète, elle comprenait ce qu’elle

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chantait ou récitait en latin, quoiqu’elle n’eût jamais étudié cette langue. Ces lumières jaillissaient de son esprit en toute occasion. Les passages de la sainte Ecriture lui venaient si à propos, qu’il semblait que l'Esprit qui les a dictés les exprimait par sa bouche.

“ Le choix et l’application des passages de la sainte Ecriture font voir que la Mère de l’Incarnation doit être mise au nombre de ceux qui ont le mieux possédé les Livres Saints. Elle ne se borne pas à éclairer l'esprit; mais elle y ajoute une onction qui fait naître au fond du cœur le désir de se sanctifier.” (Pièce du procès intitulée : Summarium, imprimée à Rome en 1877, page 135.)

INSTRUCTION PRÉAMBULAIRE.

Explication du signe de lu Croix.

La croix est le signe de la milice chrétienne, à l'ombre duquel les fidèles se retirent comme des soldats sous l’étsndard de leur chef, quand ils sont attaqués de leurs ennemis, ou qu'ils se trouvent engagés en quelque péril.

Ce signe salutaire nous fait ressouvenir des deux principaux points de notre foi, qui sont les mystères sacrés de la très sainte Trinité et de l’incarnation du Sauveur!

Ce que c’est que Dieu.

Avant d'expliquer ces deux grands mystères, il faut supposer une autre vérité qui est le fondement de ces deux-là, et de toutes les autres vérités de la religion chrétienne; savoir qu'outre les choses créées, tant visibles qu’invisibles, il y en a une incréée, c'est-à-dire, qui n’a point eu de commencement, mais qui a toujours été, et qui sera éternellement. Car l’Ecriture dit: ‘ Que les vingt-quatre vieillards se prosternèrent devant “ Celui qui était assis sur le trône, qu’ils l’adorèrent comme “ vivant dans tous les siècles des siècles ; et qu’ils mirent leurs “ couronnes devant le trône, disant: Vous êtes digne, Seigneur, ‘ de recevoir gloire, honneur et puissance, vous avez fait toutes choses, et c’est par votre volonté qu'elles ont été crééos

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“et qu’elles sont. (Apoc. 5. 14.)” C’est cet être incréé, cette Majesté souveraine et maîtresse de toutes choses, que l’on appelle Dieu.

Du mystère de la Trinité.

Dazs ce grand Dieu, il y a deux choses qui sont le mystère de la Trinité, savoir : l'unité de la divinité, c'est-à-dire de la nature de Dieu, et la pluralité des personnes.

L'unité de la divinité nous apprend qu’il n’y a qu’un Dieu, et qu’il ne peut y en avoir plusieurs. Ce Dieu est infiniment puissant et juste; car c’est lui qui dit dans l’Apocalypse : ‘ Que “ tous sachent que c’est moi qui examine les reins et les cœurs, “ et que je donnerai à chacun selon ses œuvres. (Apoc. 2. 23.)

Il est sage, parce qu’il gouverne toutes choses selon son bon plaisir, conservant par sa sagesse le bel ordre que nous voyons dans le monde. Il est bou, n'étant porté à s5 communiquer que par l’inclination de sa seule bonté.

Cette divinité néanmoins ou nature divine se trouve en trois personnes, que l’on appelle Père, Fils, et Saint-Esprit, lesquelles ne sont qu’un seul Dieu, puisqu'elles n’ont qu'une inême divinité, comme saint Athanase l'explique dans son symbole: ‘ La ‘ foi catholique, dit-il, consiste à croire et à adorer un Dieu en “ Trinité, et une Trinité en unité; sans confondre les personnes “ dans la substance, ni diviser la substance dans les personnes. ‘ Autre est la personne du Père, autre la personne du Fils, ‘ autre la personne du Saint-Esprit. Et néanmoins le Père, le * Fils et le Saint-Esprit ont une même Divinité, une égale “ gloire, une coéternelle Majesté. Tel qu'est le Père, tel est le “ Fils, tel est le Saint-Esprit. Le Père est Dieu, le Fils est Dieu, ‘ le Saint-Esprit est Dieu ; et néanmoins ce n° sont point trois *“ Dieux, mais un seul Dieu. Le Père est Seigneur, le Fils est “ Seigneur, le Saint-Esprit est Seigneur; et néanmoins ce ne ‘ sont point trois Seigneurs, mais un seul Seigneur.”

Il en est de même des attributs et perfections de Dieu; car comme elles sont une même chose avec la nature, elles ne se peuvent pas plus multiplier que la nature même. “ C’est pour- “ quoi, dit le même saint Athanase, le Père est immense, le Fils ‘ est immense, le Saint-Esprit est immense; et néanmoins ce “ ne sont point trois immenses, mais un seul immense. Le

‘ Père est éternel, le Fils est éternel, le Saint-Esprit est ‘“ éternel ; et néanmoins ce ne sont point trois éternels, mais un “ seul éternel. Le Père est incréé, le Fils est incréé, le Saint- ‘“ Esprit est incréé ; et néanmoins ce ne sont point trois incréés, “ mais un seul incréé. Le Père est tout-puissant, le Fils est ‘ tout-puissant, le Saint-Esprit est tout-puissant; et néanmoins ‘ ce nesont point trois tout-puissants, mais un seul tout-puissant.

‘“ Le Père n’est ni fait, ni créé, ni engendré de personne: le “ Fils n’est ni fait ni créé, mais il est engendré du Père: le “ Saint-Esprit n'est ni fait, ni créé, ni engendré, mais il pro- “ cède du Père et du Fils. [1 n’y a donc qu'un Père, et non trois “ Pères ; il n’y a qu'un Fils, et non trois Fils; il n’y a qu'un “ Saint-Esprit, et non trois Saints-Esprits.” Car encore que le Père, le Fils, et le Saint-Esprit soient un même Dieu, on ne peut dire néanmoins que le Père soit Fils, ni que le Fils soit Saint-Esprit, ni que le Saint-Esprit soit Père ou Fils.

“ Et il n’y a point dans cette Trinité d'avant ni d’après, en “ sorte qu’on puisse dire, que le Père est avant le Fils, et le Fils “ après le Père ; que le Père et le Fils sunt avant le Saint-Esprit, “et le Saint-Esprit après le Pèreet le Fils. Mais toutes les trois ‘“ personnes sont à l'égard les unes des autres coégales et coé- “ ternelles.”

De l'Incarnation du Verbe.

La seconde personne divine que nous avons dite être le Fils, ‘utre son être divin, qu’elle avait de toute éternité et avant que le monde fût, comme dit saint Jean (c. 1, v.1.1: “ Au commen- “ cement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et Dieu “ étuit le Verbe ; ” ce même Verbe qui était avec Dieu au commencement, c’est-à-dire éternellement, a voulu, par l’amour qu’il porte aux hommes, prendre dans le temps une chair humaine, c’est-à-dire, toute notra nature, dans le sein d’une très pure vierge, ainsi que l’explique saint Athanase dans son symbole, parlant de ces deux générations : “ Il est Dieu engendré “ de la substance de son Père avant tous les siècles, et il est ‘homme né de la substance de sa Mère dans le temps. Dieu “ parfait et Homme parfait: égal à son Père selon la divinité, “et moindre que son Père selon l'humanité.” Ainsi celui qui était seulement Dien a commencé d’être Dieu et homimne tout ensemble.

Cet Homme-Dieu après avoir conversé trente-trois ans parmi les hommes, leur enseignant la voie du salut, et faisant plusieurs miracles pour confirmer sa doctrine et sa mission, se laissa attacher à la croix, et y voulut mourir pour satisfaire à la justice de son Père pour les péchés de tout le monde, car il n'v avait point de pure créature qui fût capable de nous décharger d’une si grosse dette, comine témoigne saint Jean (I. Joan. 2. 2.), quand il dit: C’est lui qui est la propitiation pour nos péchés, ‘“ at non seulement pour les nôtres, mais encore pour ceux de “ tout le monde.” Ainsi l’'incarnation du Verbe comprend tout ce qu’il a fait, tout ce qu’il a dit, et tout ce qu’il a souffert en notre chair depuis le moment de sa conception jusqu’au dernier soupir de sa vie, et même jusqu’à sa glorieuse résurrection, dans laquelle sa chair a reçu une seconde naissance pour ne plus mourir; car il est écrit (Rom. 20. 9.): ‘ Si vous confessez “ de bouche le Seigneur Jésus-Christ, et que vous croyiez en “ votre cœur, que Dieu l’a ressuscité des morts, vous sorez “ sauvé: l’on croit de cœur pour être justifié, et l’on confesse + de bouche pour mériter le salut” Ces dernières paroles nous apprennent que sans la foi du mystère de l’incaraation, l’on ne peut être sauvé, non plus que sans la foi du mystère de la Trinité.

Ces denx mystères ainsi expliqués, 1l est évident que nous en faisons mémoire quand nous faisons le signe de la croix. Nous faisons mention du premier, en disant: Au nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit, parce qu’en disant au nom, et non pas aux noms, nous faisons mémoire de la nature divine, qui est une et non multiple; et eu ajoutant: Du Père, du Fils, et du Saint-Esprit, nous exprimons les trois personnes, à qui cette nature est commune.

Nous faisons mention de l’autre mystère par la figure de la croix que nous forimons sur nous, la seule pæsonne incarnée, et non les deux autres, ayant été attachée à la croix.

Quand nous faisons ce signe, nous mettons la main au front, qui est la plus haute partie du visage, en disant: Au nom du Père, pour nous apprendre que le Père est la première personne de la Trinité et le principe des deux autres. Nous l’abaissons ensuite au dessous de la poitrine, en disant: Æt du Fils, pour nous apprendre qu’encore que le Fils soit égal au Père en toutes

choses, il s’est néanmoins abaissé dans son incarnation. Enfin nous portons la main de l'épaule gauche à la droite, en disant : Et du Saint-Esprit, ce qui signifie que le Saint-Esprit tient comme le milieu entre le Père et le Fils, et qu'il est le lien, c'est-à-dire, l'amour de tous les deux. Nous portons la main de la gauche à la droite, et non de la droite à la gauche, d'autant que le Verbe incarné nous a transportés par la vertu du Saint. Esprit qu’il nous a méritée, du péché à la grâce, de la mort à la vie.

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