‹ Histoire de la Vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 71 sur 106 · INSTRUCTION 1", EXPLICATION DU PREMIER ARTICLE · texte numérisé non relu

INSTRUCTION 1", EXPLICATION DU PREMIER ARTICLE

Je crois en Dieu le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre.

Le sons de ces paroles est tel : Je crois pour certain et véritable, et je confesse avec sincérité et eans aucun doute, que Dieu le Père est la première personne de la très sainte Trinité, et que par sa puissance infinie et incompréhensible, il a créé, c’est-àdire, formé de rien le ciel at la terre et tout ce qui y est compris; car il est évident que cesymbole nous impose l'obligation de croire distinctement le mystère de la Trinité. Ce premier article nous propose la première personne qui est cello du Père, par ces paroles: Je crois en Dieu le Père. Le second article fait mention de la seconde qui est le Fils, quand il dit: Efen Jésus- Christ son Füs unique. Et le huitième article parle de la troisième, en disant: Je crois au Saint-Esprit.

Je crois en Dieu.

Nous croyons qu'il y a un Dieu, et c’est le premier article de la profession du chrétien. Ce Dieu est un être dont la grandeur immense, infinie, incompréhensible, comme dit Jérémie

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(32. 19.): ‘Seigneur, vous êtes grand, puissant, fort, invincible, “grand dans tous vos dessins, et incompréhensible à nos “ esprits.” Et saint Paul dit: ‘ Il habite une lumière inacces- “ gible dans laquelle aucun homme ne l’a jamais vu,et ne le “ peut voir (I Tim. 6. 16.).”

Les infidèles mêmes n’ont jamais eu que de hantes idées de Dieu, et tout aveugles qu'ils étaient, ils ont avoué que tout ce qui se peut concevoir de bas, de terrestre, de limité, de déréglé, est indigne de lui, Ils ont dit que Dieu est une chose si grande, qu’on ne peut rien s’imaginer ni concevoir de plus grand, de meilleur ni de plus parfait, parce que si l’on pouvait concevoir quelque chose de plus parfait, ce serait cette chose-là qui serait Dieu, et ce Dieu qui serait conç". moins parfait ne le serait plus

Mais cela se prouve beaucour mieux par les passages de l’Ecriture qui suivent: ‘“ Dieu est esprit, et ceux qui le veulent “# véritablement adorer, le doivent adorer en esprit (S, Jean, 4 “94, Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait “ (Matth. 5. 4S.). Toutes choses sont nues et à découvert devant “ses yeux (Hiwbr. 4.13.) O profondeur des richesses de la +“ sagesse et de la science de Dieu (Rom. 11,33.) !” Notre-Sci- “ gneur dit lui-même: Jesuis la vie, la voie, et la vérité (S.Jean. “14, 6.)” ‘N'est-ce pas moi, dit le Seigneur, qui remplis le ciel “etla terre (J -ém. 23. 24)?” Le prophète David dit dans lo iuême esprit: ‘ Où irai-je pour ne point paraître devant vos “ yeux ? Si je monte au ciel, vous y êtes; si je descends dans ‘* les enfers, vous y êtes présent; si je m'’envole en esprit aux “ oxtrémités de la mer, je vous y trouve, et même c’est votre ‘“ main qui m’y conduit (Ps. 133. 7.). Votre main est pleine de “ justice: vous l’'ouvrez et remplissez de bénédiction jusqu'aux “ animaux (ls. 144. 16. Vous êtes infiniment élevé au-dessus “ de tous les dieux (Ps, 96. 9.) Et enfin Dieu dit lui-même à Moïse pour faire connaître qui il est: “ Je suis celui qui suis * (Exod. 3. 14.) Tous ces passages montrent la grandeur incompréhensible de Dieu, sa bonté, sa sagesse, sa justice, sa provi- ‘dence, sa miséricorde, sa puissance, son infinité, son immensité, son éternité, son incompréhensibilité.

Nous disons je crois en Dieu, et non, je crois aux dieux, confessant par là qu’il n’y a qu'un Dieu et non plusieurs. C’est pourquoi le symbole de Nicée ajoute à celui des Apôtres le mot

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un: Je croisen un sent Dieu. Nous lisons au Deutéronome (6 4.) : “ Ecoute, Israël, notre Dieu est un, il est seul Dieu.” Et Dieu nous «léfend d’en reconnaitre plusieurs: “Je suis le Seigneur “ton Dieu; les dieux étrangers ne te seront rien en ma pré- “ sence (Exod. 20. 3.) Voyez, dit-il ailleurs, que je suis le senl “# Dieu, et qu'il n'y en a point d’autre que moi (Deuter, 32. 39.) “ Je suis le premier et le dernier, et après moi il n’y a point de « Dieu {Isaïe. 44.6.) Ft saint Paul déclare hautement cette vérité,quand il dit: “ Un Dieu,une foi,un baptême (Ephes.4.5.)."”

Je crois en Dieu. Nous ajoutons cette particule en, qui marque un certain mouvement de l’entendement qui croit, Ainsi quand nous disons: Je crois en Dieu, c'est comme si nous disions: Je ne crois pas seulement qu’il y a un Dieu, mais je le erois de telle sorte, que je tâche de toute l'affection de mon cœur et de tout mon pouvoir, de parvenir à lui comme au souverain bien, et à la fin pour laquelle j'ai ‘6 créé. De la sorte l'espérance chrétienne est en quelque façon enfermée dans la foi que nous professons.

Enfin quand nous disons: Je crois en Dieu, nous distinguons la connaissance que nous avons de Dieu par la foi, de celle que l’on en peut avoir, et que les infidèles en ont eue en effet par lu vue des créatures. ‘ Car, comme dit saint Paul, ce qui peutêtre # connu de Dieu, leur a été manifesté, Dieu leur en a donné lu “ connaissance, parce que les choses qui sont invisibles en Dieu, ‘ sa puissance même éternelle et sa divinité, peuvent être con- “ nues par les créatures qu’il a faites (Rom. 1.19.) Ces intidèles ont cru qu’il y avait un Dieu, parce que les créatures leur faisaient connaître leur Auteur, en leur disant qu’elles n’avaient pu se faire elles-mêmes. Mais les chrétiens le croient, parce que Dieu même le leur a révélé; et c’est cet acquiescement de l’esprit à la parole de Dieu que l’on appelle foi, c'est-à-dire que l’on a une véritable et sincère foi, quand l’on croit ce que Dieu a dit, purement parce qu’il l’a dit.

Que si les mystères que la foi nous oblige de croire ne nous paraissent pas clairs ni évidents, ils n’en sont pas moins certains et véritables; mais plutôt ils le sont beaucoup davantage, parca qu’ils sont fondés sur l'autorité de Dieu, qui est la vérité même; au lieu que nos sens et notre raison étant sujets à l'erreur, nous peuvent facilement tromper. Et il ne faut pas croire que ces

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