‹ Histoire de la verrerie et de l'émaillerieChapitre 30 sur 58 · L'EMAILLERIE AU XVI» SIECLE · texte numérisé non relu

L'EMAILLERIE AU XVI» SIECLE

I. Les émaux peints. — Première ■période. — La décadence que nous avons signalée plus haut dans la fabrication des émaux champlovés à Limoges s'accentua davantage au xve siècle, et bientôt la vieille cité, déchue de son ancienne splendeur, vit augmenter le discrédit dans lequel étaient tombées les œuvres de ses modestes artisans , dont les émaux un peu grossiers étaient délaissés pour les produits lins et délicats de l'émaillerie translucide, qui, du reste, n'était pi-atiquée que sur l'or et l'argent, c'est-à-dire sur des métaux (jue les orfèvres limousins n'avaient pas Fhabitude de travailler. C'est alors que ces derniers , abandonnant l'ancien mode de fabrication, imaginèrent un procédé qui devait jeter un nouveau lustre sur Tindustrie dont leur ville avait été fière pendant si longtemps , et qui fut pour leurs successeurs une source de gloire et de richesse.

Il est assez difficile de dire comment s'opéra ce changeniPiit. dans lequel certains archéologues ont cru voir une sorte de transformation des procédés de la peinture sur verre, et qu'ils ont en conséquence attriljué aux peintresverriers: il est permis de croire que ce fut plutnt le désir

de lutter contre rémaillcrie translucide et de donner aux émaux sur cuivre l'apparence des émaux de basse- taille, qui fit trouver ce nouveau genre d"émaillerie, dont les premiers spécimens montrent un emploi un pou exagéré des émaux transparents posés sur des feuilles ou paillons d'or ou d'argent, qui remplissaient l'office du métal gravé et donnaient ainsi aux couleurs un éclat chatoyant (juc venaient aviver encore des rehauts d'or posés au jnnceau.

Il est difficile également de savoir exactement à quelle époque ce procédé fut trouvé; pourtant, d'après le style des figures, qui présentent généralement tous les caractères des anciennes miniatures françaises exécutées sous l'influence de l'école flamande des Van-Eyck, ainsi ([ue d'après les costumes des personnages, on peut en faire remonter les premières manifestations entre les années 1470 ou 148(1 ;'( peu pi'ès. Quant aux modestes artistes (pii l'ont appliqué au début, on ne sait rien ou presque rien sur leur compte; on en connaît trois qui ont signé leurs œuvres, et encore, sur ces trois, y en a-t-il un dont la signature est douteuse et l'existence assez problématique.

Les premiers émaux peints représentent des sujets exclusivement religieux, exécutés sur des plaques de cuivre assez épaisses, disposées généralement en tryptiques', moidécs sur des ais en bois et encadrées d'étroites moulures ilc cuivre doré reliées par des charnières (pi. 111). Le dessin est indiqué par des traits gravés sur le cuivre et recouverts d'émail brun presque noir; ces traits, assez forts, remplissaient l'office des anciemios cloisons métalliques, et suffisaient pour retenir les dillV'reuls (''luaiix cl les mipécher de couler. La coloration, au début surtout, est un [X'U violente; les vêtements, aux grands plis cassés, éclaii'és par îles traits

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