I/KMAIIJ.ERIE AU XVI" SIECLE
d'or au pinceau, sont en émail bleu, violet ou vert d'un ton vif et parfois trop cru; les carnations, presque toujours violacées ou bistrées, sont modelées en rehauts de blancopaque, qui laissent transparaître le dessous à mesure que leur épaisseur décroit. Des perles ou des gouttes d'émail, posées sur des paillons d'or, et qui brillent comme des pierres précieuses, ajoutent leur éclat à celui des ors et des émaux.
Des trois artistes dont on retrouve les signatures sur les œuvres de cette première époque, le plus ancien parait être Moxv,\ERXi , dont le nom a été lu sur quelques rares émaux parmi les inscriptions qui se trouvent sur les bordures des vêtements, les ceintures, et jus({ue sur les épées. La forme un peu bizarre de ce nom et la façon dont il est écrit , au milieu de lettres qui n'offrent souvent aucun sens et (pii paraissent avoir été employées comme ornements, ont laissé de la place au doute, et quelques archéologues se sont demandé si cY'tait là véritablement une signature, et si Monvaerni avait existé; d'autres savants, d"aprùs la désinence du nom, avaient cru pouvoir attribuer à lltalii' l'invention de l'émaillerie peinte, puisque ces émaux sont certainement ceux qui otfrent le plus grand caractère d'ancienneté; ces deux opinions ont été rejetées : d'une part, parce que le nom de Monvaerni se retrouve sur plusieurs émaux présentant entre eux une similitude absolue de style et d'exécution: d"autre i)art, parce (pie dans un tryptique signé ainsi le mot j'enrage se lit sur le collet du justaucorps dont est revêtu le diable que sainte Catherine foule aux pieds : l'existence de Monvaerni est donc généralement admise aujourd'hui, et il a pris rang parmi les émailleurs limousins. Ses (euvres et celles de son école se reconnaissent à des empâtements considérables , surtout dans les draperies blanches, (pii se relèvent en bosse entre les traits
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noirs qui marquent les plis, et à leur dessous ou apprêt blanc recouvert de glacis en émaux translucides; l'aspect en général n'en est guère attrayant'.
Après lui nous trouvons Léonard Pénicaud, — ou Nardox Pénicaud, pour nous servir de l'abréviation en patois limousin qu'il emploie dans sa signatui-e, — chef d'une famille qui a fourni d'excellents artistes à l'émaillerie limousine pendant une grande partie du xvi" siècle.
En rapprochant les dates de plusieurs actes conservés dans les archives de Limoges et dans lesquels il est mentionné, on voit que Nardon Pénicaud dut naître vers 1470 et qu'il existait encore en 1539. C'était donc un artiste fait et dans toute la plénitude de son talent, lors(pril exécutait, en 1503, le bel émail du musée de Gluny (no 4578), sur lequel se trouve la signature qui a révélé son existence. Cet émail représente le Christ en croix entre la Vierge et saint Jean, au milieu des anges et des emblèmes et instruments de la Passion, en couleur sur fond bleu semé detleurs de lis d'or; au-dessous du Calvaire se trouve un grand écusson aux armes de France : d'un côté un seigneur est agenouillé, ayant derrière lui un écusson aux armes du roi René; de l'autre, un prêtre, sans doute le donateur, est également à genoux, et près de lui se trouve l'inscription suivante : LUCAS DE ïïÔLo vïÎBB.[presbyter]noc op^[opus]F. v}[fievi
fecU]PBO SCTO [sanc/o] l'KTRO DK ROGIANO HLTMILIT|er| ROUAT ORATE p[rojEO: NARDON PENICAUD DE LlMOC.[m|
Il [oc] K[etn'f]p''[pr<ma| DIE ai'l| (i^)r«7/sj anno milu"" v"