SUR MICHEL B AUD 1ER
Dès le mois de mars suivant , le savant historien du Languedoc, dom Vaisselle, prenant la chose au sérieux, et craignant sans doute de voir se propager, sous la plume du spirituel académicien , une fable qui avait à ses yeux le grave inconvénient d’altérer Ja vérité historique, écrivit au même journal une longue lettre pour rappeler que déjà lui-même, dans le troisième volume de son Histoire du Languedoc, avait rétabli dans ce qu’elle avait de réel et de vrai l’histoire de Romée de Villeneuve, dénaturée dans le roman de Michel Baudier. Le prétendu Romieu n’avait existé que dans les vers du Dante et dans l’imagination de l’historiographe de Louis XIII.’ Là-dessus, l’érudit bénédictin, suivant pas à pas l’histoire de Romieu, prouvait qu’il n’était autre que Romée de Villeneuve, qui avait été en effet le favori et le ministre de Raymond Béranger, mais qui, loin d’être un pèlerin mystérieux offert au comte par un hasard providentiel , appartenait à l’illustre famille de Villeneuve de Provence. Citations des auteurs contemporains, production de pièces justificatives, textes formels, calculs chronologiques, documents généalogiques, rien ne manquait à la démonstration de dom Vaissette. Il n’avait pas besoin de ce luxe d’érudition pour prouver que notre excellent Baudier avait eu tort de prendre à la lettre quelques lignes de Nostradamus ,
XOTICK
de donner comme histoire véritable une rêverie poétique, d’avoir enfin été sous le règne de Louis XIII aussi crédule que devait l’être plus tard un philosophe du dix-huitième siècle.