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I /autre volume manuscrit, classé sous le n° 1434, après avoir appartenu comme le premier à la bibliothèque de AI 8 ' de Coislin , l’a suivi à l’abbaye de Saint -Germain -des- Prés et à la Bibliothèque Royale sans attirer plus d’attention.
et modernes Pays de Perse , et parait se rattacher aux études de Fauteur sur les sociétés (l’Orient.
Ce sont ces œuvres inédites de Michel Baudier que nous voulons faire connaître et apprécier par une analyse consciencieuse. L’étude que nous en avons faite nous a laissé sous la même impression que la lecture de ses ouvrages publiés et mieux connus : nous n’avons pu nous défendre d’un sen-
liment de regret et de tristesse en songeant au profond oubli dans lequel ont été abandonnés ces écrits qui méritaient pourtant d’être comptés parmi les travaux historiques les plus remarquables de la première moitié du dix-septième siècle.
V Histoire de Marguerite (F Anjou et X Histoire de Thomas Wolsey, sérieusement conçues et écrites, étaient surtout dignes de l’attention des critiques et des savants. C’est là probablement l’œuvre de la vieillesse de notre auteur : on y trouve plus d’expérience, plus de maturité que dans la plupart de ses essais; il a perfectionné scs qualités , adouci
SUR MICHEL BAUDIER.
et tempéré ses défauts. Le sujet est bien compris, dessiné avec précision, rendu sous une forme assez vive et (pii ne languit pas; les digressions auxquelles il s’abandonne toujours si volontiers, appartiennent de plus près au sujet et concourent à l’ensemble du tableau ; on y sent que l’historien avait le goût et l’enthousiasme d’un artiste. Les caractères de ses principaux personnages sont tracés avec une science souvent profonde du cœur humain, le milieu même où ils vivent et s’agitent est reproduit par le conteur avec intérêt et vérité; sans rien perdre de la loyauté et de l’impartialité du juge, il ne reste point froid et insensible au milieu des faits qu’il raconte; ses impressions sont à la fois simples et vives; son esprit est saisi fortement par les grandes catastrophes, par les situations dramatiques, par les souffrances ou par les crimes de ses personnages. Si parfois il se trompe, ou plutôt s’il est trompé par les documents qu’il consulte, et qui souvent sont les seuls auxquels il ait pu s’adresser, ses erreurs sont empreintes d’un caractère de telle bonne foi qu’on ne saurait sans injustice les lui reprocher ou lui en garder rancune. On ne peut exiger de lui qu’il ait été mieux renseigné , plus éclairé, moins imbu de superstitions et de préjugés que ne l’étaient les plus grands esprits de son siècle. Comme historien il révèle partout
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un caractère à la lois naïf et franc <|<ii le fait aimer et le rend persuasif; il veut moraliser le lecteur, et ce qu’il ne perd jamais de vue, c’est l’instruction du cœur et de l’esprit : la leçon qui termine chacun de ses épisodes est pour lui le profit le plus sérieux des études historiques. De tout événement, de toute faute, de tout malheur, il lire un enseignement; et quoique le ton un peu sentencieux de ses réflexions sur les inconstances de la fortune, sur les vices et la corruption des cours, sur le châtiment inévitable des passions , sur les déceptions de l’orgueil et de la vanité, sur l'intervention de la Pi •ovidence dans les affaires humaines, devienne un peu monotone , on s’y habitue comme aux avertissements graves et paternels d’un vieillard dont l'expérience parle sans aigreur, comme sans arrière-pensée.
Ajoutons encore que ces deux livres de Michel Baudicr respirent une connaissance profonde de la littérature antique; et si nous ne connaissions déjà son érudition et son goût passionné pour les écrits des (irecs et des Romains, la lecture seule de ce volume nous révélerait avec quelle patience il s’était préparé à devenir historien et combien l’élude de l’antiquité avait été féconde pour lui. On peut dire que cette élude l’avait fait presque tout entier. El quand on sait avec quel zèle il étudiait aussi les documents historiques des époques