‹ Histoire de la vie et de l'administration du cardinal Ximenès annotée et précédée d'une introduction et d'une notice sur Michel Baudier et ses diverses ouvragesChapitre 77 sur 88 · J7H HISTOIRE · texte numérisé non relu

J7H HISTOIRE

sembla dans un corps débile les forces de son esprit, discourut pieusement et doctement de l 1 inconstance du monde, de la vanité de la Cour et de la miséricorde de Dieu , embrassa l’image du Crucifix , et mouillant sa face de larmes, demanda à Dieu pardon de scs péchez, protesta qu’il n’avoit pas employé la valeur d’un réal du revenu de ses bénéfices à l’avancement de ses parents. Après avoir receu le viatique des Chrcstiens, la saincte Eucharistie, redisant souvent ces paroles de David : Mon Dieu, j’ai/ mis en vous mon espérance , il alla jouir au ciel des couronnes que Dieu donne à ceux qui gouvernent les peuples avec prudence, probité et religion. Ce fut

r cissicz votre genre de vie, selon l'ordonnance des médecins; que

* vous couchiez dans un lit , que vous quittiez votre robe , que vous ? donniez dans le linge , afin que votre santé se maintienne.

» Donné à Rome le dernier jour de mai 1517 et le cinquième de

* notre pontiiicat. »

Après la lecture de cette lettre , en présence de plusieurs de ses amis qui joignaient leurs prières aux ordres du Pape dans le but de vaincre sa pieuse obstination , le Cardinal s'écria : « Que me con- » seillc-t-on î Les gens du monde se font un honneur de mourir dans

- l'habit de Saint-François, et l’on veut que je le quitte en mourant, i moi qui l’ai porté pendant toute ma tic! Je veux mourir sous les » urmes de la milice spirituelle, et j’espère que Dieu me fera plus de

- miséricorde quand je paraîtrai devant lui, non comme Archevêque,

r ni comme ministre des Etats , mais comme un pauvre religieux de

* Saint-François, i Les ordres du souverain pontife étaient si précis qu'il fut toutefois contraint d'oheir au moins eu partie ; il ne jeûna plus, mais il ne quitta point sa robe et ne renonça point à sou grabat : aussi, selon son désir, mourut -il dans l'halnt de Saint- François. ((îOMK/.. )

DU CARDINAL XIMKNKS.

Je neufviesme de novembre l’an mil cinq cenls dix sept, un dimanche, aagé de quatre vingls ans, après avoir porté la mylre de Tolède vingt deux ans, gouverné l’Espagne tout autant de temps, souks les Koys Ferdinand, Isabelle, Jeanne, Philippe et Charles.

Son corps fut enterré au collège de Saint-IIdephonse d’AIcala de Hennarès, qu’il avoit fait bastir. Son sépulchre, relevé de marbre blanc, et son effigie de mesme estoffe, s’y voyent encores aujourd’huy , avec cet épitaphe digne de ses illustres actions, qui comprend en peu de paroles ce qu’il a esté avant sa glorieuse administration et ce qu’il a faict dans l’Eslat :

Condideram Musis Francisais grande licieum,

Condor in exiguo nnne ego sarcophago :

Prslcxtam junxi sacco, galearnqne galero ,

Krater, I)nx, Presul, Cardincusque palcr;

Quin virlule mcâ jnnclnm est diaderna cucnllo ,

('uni mihi regnanti paruit Hesperia.

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