II. PARTIE. CORRI&SPONDANCÎÉ
Ae Môntmollin fit un trè»-mauvais effet , puisqu'il publia • dans une série de dix lettres, adressées à un pasteur de Genève y une longue justification dans laquelle il confirmait les fadts, en les excusant par âes intentions ou des devoirs également douteux. Ce qui prouve que les premières n'étaient rien moins que bonnes , c'est la fermeAtation qu'il excita contre Rousseau parmi les paroissiens. Elle fat telle que, sans sa famille, il eût été- puni par legoiiv«rnement. Le Conseil d'État se contenta deVadmonestery et de lui faire promettre de ne plus animer le peuple. Mais le mal était fait, et l'autorité fut obligée d'intervenir pour protéger Jean-Jacques. M. Guienet signifia les ordres du gouvernement aux justiciers de Motiers , ainsi qu'aux diverses communautés du Val-de- Travers. Les arrêts rendus à ce sujet, existent, et ce serait être de mauvaise foi que supposer, comme on l'a fait , que Rousseau s'alarma sans cause. Us sont imprimés au nombre de onze, dans l'édition in-4o de Genève. Ges ordres , ces mesures , ces arrêts fureut insuffisants, tt D'abord, dit M. du Peyrou, la fermentation * s'était bornée à des murmui^es , à des huées ou à des % attentats faits avec plus de méchanceté que de vioj> lence. Mais le dimanche, i septembre, on en vint » aux voies de fait, et l'on termina la journée en lançant » des pierres dans les fenêtres de M. Rousseau. Dans la » nuit du 6 aut 7, il fut attaqué chez lui : une de ses i> portes fut enfoncée et le mur criblé de pierres. M. le » châtelain que le tumulte éveilla, vit avec effroi l'état » des choses, et fit le lendemain son rapport au Conseil » d'État. »
La communauté de Couvet, voisine de celle de Motiers, apprenant cet attentat, envoie une députation à Rousseau^ lui prépare une maison meublée , tient des
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voitures prêtes pour le transport de ses meubles, et le prie de venir habiter à Couvet, répondant de sa sûreté.
En attendant sa décision , on mit des gardes à sa porte. Le châtelain méme^ craignant la popidace de Métiers , fut obligé de prendre pour s'en garantir^ des habitants de Couve t.
Rousseau , quoique sensible à oet acte spontané d'une communauté dans le sein de laquelle il eût été tranquitte , n'accepta point ,. crut qu'il serait plus isolé , plus onbUé dans une île inhabitée; alla demeurer àcdle de La Motte, d'oà bientôt, comme il le raconte dan» le XII' liv. des Confessions, il fut obligé de sortir. Ces détails étaient nécessaires pour l'intelligence de plusieurs lettres rappelées dans cet article ^ ainsi que de celles inscrites sous les numéros 569 , 47e, 6o5 -^ 607.
57a. A. MADAME La Tour ôe Franquevlle. Motîers^
10 mars 1765.
« J^ai lù votre lettre avec la plus grande attention , etc.
C'est une réponse à madame de La Tour qui, en lui écrivant ( le iS février 1765), lui disait qu'elle respeo tait sa faiblesse , mais quelle ne la concevait pas ; qii*il aurait du préparer son âme à la constance.
Dans celle-ci , Rousseau lui dit : « Vous étiez flatteuse » dans ma prospérité; vous devenez franche dans mes » misères : à quelque chose malheur est bon..», quand , » pom* blâmer son ami , l'oi^ choisit le moment de sçs » malheurs , il faut s'assurer qu'on a raison 9*
Madame La Tour lui réplique , le* 19 mars , en Repoussant l'épithète de flatteuse qu'elle regardait comme ii^* jurieuse, et en lui disant qu'elle ne savait de quelle sorte de prospérité il voulait lui parler ; enfin que sa lettre l'avait cruellement cj^ç^^iç. Elle prétend qu'il ne
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Ut pas i^usii bien qu*U écrit» Elle ne renonce point à son amitié. « Qui a pu ^ dit-elle, aimer J«an-Jacqu6s à cause » des qualités ide son àme, se. croiraH-il fondé à s'en w détacher à cause des défauts de son humeur ? »
573. A M. X£ P. Defélige. Métiers, t^mars 1765. «c Je n'ai point fail , Monsieur , TouTrage , «le.
n déclare n'avoir point fait Touviage intitulé : des Princes , et qu'on lui attribue. N'ayant jamais désavoué aucun dos livres , il a le droit d'en être cru , et le prie de publier cette déclaration,
574» A. M. DU Peyrou. Motiers ,14 mars 1765.
« Voioi, Monsieur , votre lettre. En la liaant , eic«
M. p. lui avait envoyé la lettre d'une femme pour avoir son avis. Il répond que cette femme lui parait avoir de bons yeuic , beaucoup d'esprit et point d'âme. Il ne quittera Métiers qu'après l'orage , mais il est réso* lu de quitter le pays. Il lui envoie copie de la lettre précédente en le priant de la répandre.