A M. LE Comte Duïrat. Paris , le i5 mars i7'j
a Je vois^ Monsieur^ que maigre, etc.
Obstacles que mettent sa vieillesse et ses infirmités au long voyage qu'il faut faire pour aller dans la retraite que lui destine M. Duprat, Il lui faudrait quelqu'un de connaissance qui eût la même route à faire. Quant à M. de Neuville ^ son silence lui paraissait une réponse très-claire.
Deux mois après la date de cette lettre , Jean-Jacques partit (le 20 mai) pour Ermenonville , où il mourut. Thérèse témoignait de la répugnance pour faire un long voyage. 11 paraît c'ertain qu'elle entraîna Rousseau dans cet asile et même brusquement, comme on peut le voir dans la relation de Corancèz.
Ici se termine la correspondance de Jean -Jacques. Aucune édition ne contient toutes les lettres dont nous avons fait une courte analyse. , •
Dans ce grand nombre de lettres , il en est qui n'offrent aucune intérêt en elles-mêmes, et qui n'en ont que parce qu'elles furent écrites par Rousseau. Les éditeurs de ses œuvres auraient peut-être agi prudemment en faisant un choix; mais il semble qu'on soit tacitement convenu d'imprimer tout ce que laisse un homme célèbre , le bon et le mauvais. Si l'un offusque l'envie, l'autre la console, et l'on est toujours. certain de plaire à quelqu'un.
U est bien évident qu'en écrivant la plupart de ces lettres , Jean-Jacques ne se doutait pas qu'elles fussent jamais livrées à l'impression. Nous nous sommes conformés à l'usage reçu, et rol)ligation de les analyser toutes nous était imposée par la nature de notre travail.
5'i6 BIST. DE J.-J. aOVM*, II. ^A&r. COURESF.
K0Q8 aurions dû présenter ici le ubleau. des correfc^ pondants à qui ces lettres so«t adressées , mais tous ( à l'exception de ceui: qui ne remirent les leurs qu'en exigeant qu'on ne les nommât point ) se retrouvent dans la Biogr&phie des Contemporains, avec quelques particularités de leur vie^ quand on a pu s'en procurer , et l'indication du numéro de la correspondance qui les concerne*
Quant aux lettres inédites ( )e comprends , dans ce mot y celles qui ne font partie d'aucune édition des œu« vres de Rousseau ) , nous avions eu ^ ainsi que noas l'annonçons dans ce travail, le projet de les mettre k la suite de cette correspondance f mais plusieurs Genevois nous en ont promis qui ne sont pas encore arrivées , et ce retard nous force à les renvoyer à la fin de la quatrième partie de cet ouvrage , où elles seront également bien placées y puisque cette partie est consacrée à l'histoire des écrits de Rousseau. Sans cette marche , il aurait fallu nécessairement les morceler et en mettre une partie dans le second volume. Telle est notre excuse pour la transposition que nous sommes obligé de faire , et qui du moins a Tavantage de réunir des lettres qui ne devaient point être séparées.
Fllf