A. M. DE Voltaire. Paris , lo sept
a C'est à moi, monsieur, de tous remercier, etc.
Cette lettre, pleine de louanges flatteuses; est une réponse à la lettre que lui avait écrite Voltaire , pour le remercier de l'exemplaire du ^discours sur l'origine de l^ine'galité. Jean- Jacques explique son opinion , et pose les bornes , au-delà desquelles on trouverait ( ce qu'on a fait ) ime exagération ridicule.
Dans sa lettre, Voltaire disait à Jean-Jacques : Venez respirer V air natal ^boire avec nous du lait de nos vaches , et brouter nos Aer&e^. Rousseau lui répond qu'il craindrait de ne trouver dans son verger que le lotos qui nest pas la pâture des bêtes , .et le moly qui empêche de le dc" venirk Le lotus ou lotos croissait dans une île d'Afrique habitée par un peuple qu'on appelait Lotophages , parce qu'il se nourrissait du fruit de cette plante. Homère dit que ce fruit était si délicieux , que ceux qui en mangeaient oubliaient leur patrie, et que les Lotophages en
33o aisToiaE be i»-j* Rov&8ZAir>
firent l'ëpreinve sur les compagnons d'Ulysse. Quant au moly , c'est une plante que Mercure fit cueillir au Roi d'Ithaque y pour le ^antir des enchantements de -Circé. Les botanistes anciens se sont exercés sur le iotos et le moly. On s'accorde à croire que cette dernière plante était une espèce A* ail : cette découverte n'est pas heureuse.